VIE QUOTIDIENNE ou DOMESTIQUE

 

 

LE REPASSAGE

 

 

Le repassage des linges remontent, sans doute, à des temps très anciens. Encore faut-il s'entendre sur le mot repassage. Aujourd'hui, ce mot désigne surtout une action qui va lisser un tissu froissé : chemise, pantalon, lingerie courante, nappe… Si l'on remonte dans le temps, on s'aperçoit que cette même action varie en fonction de la mode et des tissus employés. Quant aux instruments utilisés, ils ont évolué en même temps que la connaissance du travail des métaux et des sources d'énergie.

Nous n'avons trouvé qu'un seul document remarquable pour évoquer cette histoire : "Les Fers  à repasser", d'Edith MANNONI, aux éditions Massin, de 1996.  Nous avons obtenu, également, quelques informations pratiques, parfois savoureuses, dans le "Nouveau Dictionnaire de la vie pratique", librairie Hachette, de 1923. Sur Internet, des sites spécialisés donnent des détails à propos de fers particuliers : nous en donnons les liens en fin d'article.

 

Le repassage ou lissage à froid

Pour commencer, remontons à l'Antiquité. Quelques découvertes archéologiques laissent supposer que des instruments en pierre, en marbre, en terre cuite, en bois, ou en os, en corne dans certains pays du Nord, sont utilisés pour lisser les tissus préalablement empesés avec une gomme, comme la gomme arabique : les plis effectués à la main sont fixés par frottements répétés, a priori, à froid, avec un ustensile lourd. C'est ce que nous évoquons avec cette première photo de pierres trouvées dans un jardin, lourdes, tenant dans la main et plus ou moins triangulaires. Bien sûr, il ne s'agit là que d'une évocation !

 

   
  Pierres à base plate, triangulaires  

 

 

Autre "copie", ce lissoir en terre séchée (avec les moyens du bord) est inspiré d'un modèle présenté par E. Mannoni. La forme générale et la disposition des creux permettent de le tenir de la main droite. Peut mieux faire !

 

   

 

On rencontre des vêtements plissés, en lin, dans les peintures des tombes des pharaons égyptiens et plus tard, dans la statuaire grecque. Ce lissoir, plan et poli à sa base, peut avoir différentes formes, avec une poignée, donc proche de nos fers actuels ou comme un champignon, en verre : la tête sert à lisser, le pied sert de poignée. La partie non plissée doit subir le même traitement.

 

 
 
 

                                                  Lissoir
                                                  Italie
                                                  h 15   Ø 9   poignée 11,5 x 3,5

 

 

 

Autre ustensile, la calandre et sa planche dite à "calandrer" ou mangle, permet de défroisser un linge plat. La calandre est un rouleau (proche du rouleau à pâtisserie). La planche à calandrer mesure 60 – 80 cm de longueur par 10 – 15 cm de largeur ; elle est parfois pourvue d'une magnifique poignée en forme de cheval. Le linge plat, humide, est enroulé autour de la calandre que l'on déplace sur une table, dans un va-et-vient, avec la planche sur laquelle on appuie très fort. Le calandrage ou manglage a surtout été utilisé dans les pays du nord de l'Europe. Ce système a évolué pour devenir semi-industriel au XIXè siècle, rappelant le système d'essorage des machines à laver des années 1950.
 

 

   

 

   

               Planche à calandrer
               Danemark
               L 65   l 11   poignée L tot. 26   poids 2,2 kg

 

 

 

 

 

 

D'autres techniques sont utilisées pour ce lissage. Le ramage qui consiste à mettre l'étoffe humide sur une branche horizontale - la rame -  et à la lisser avec le poing. Enfin, la presse à bras qui rappelle le pressoir du vigneron permet de repasser, à froid ou à chaud, un tissu placé en accordéon et en intercalant des plaques de fontes chauffées, isolées du tissu par des cartons ou des feuilles d'aulne.

 

 

Le repassage ou lissage à chaud

Le premier ustensile de repassage à chaud semble provenir de Chine, dès le 2ème siècle avant J.C. : la cassolette chinoise, en bronze, décorée de symboles divers en relations avec les éléments, comme le feu, ou les divinités. De 10 à 15 cm de diamètre, avec une poignée de même longueur ou plus, elle est remplie de braises, ou pour les tissus plus fragiles, de sable chaud. Cet ancêtre du fer  fait des émules de même forme, mais peu décorés, dans d'autres pays d'Asie.

 

   

 
 

                                                 Cassolette chinoise
                                                 Essonne
                                                 Ø 13,5   h 7   poids 0,6 kg  

 

 

Des fouilles archéologiques, en Egypte, ont permis de trouver de simples barres en fer forgé surmontées d'une poignée et datant du début de notre ère.

Avec l'évolution de la fabrication des étoffes, son implantation à partir des pays du Moyen-Orient, la nécessité de nouvelles techniques s'impose. Les premiers fers utilisés en France datent du XIVè ou plus sûrement du XVè siècle. Ils sont étroits, forgés en une seule pièce avec la poignée étirée depuis le talon – en France ; en Angleterre, c'est l'inverse ! Pointus à l'avant et lourds (appelés carreaux), ils servent plutôt au tailleur pour écraser les coutures. Avec un bout arrondi, ils sont utilisés par les repasseuses pour les tissus plus fins. Ces fers sont chauffés directement sur le feu : un nettoyage s'impose avant tout contact avec le tissu !

Par ailleurs, à chaud, il n'est plus question d'utiliser une gomme pour effectuer l'empesage : c'est l'avènement de l'amidon, extrait, en particulier, des graines de céréales. Cet élément, en suspension dans l'eau, donne à chaud un mélange visqueux et translucide qui va constituer un empois ou apprêt pour rigidifier un col en dentelle ou une robe plissée. La cuisson est réalisée dans une casserole en laiton, à manche très long, pour éviter les brûlures du feu de la cheminée.

 

 

 

 
 

                                                   Casserole à amidon
                                                   Var
                                                    Ø 23/17   manche L 84

 

       

 

 

     
 

                                     Barquette à pointe en fer forgé
                                     Loire
                                     L 17   l 7,5   h 8,5/2   poids 1,45 kg

 

 

De quand date cette barquette ? Un modèle similaire par la forme, mais beaucoup plus décoré, est daté de la fin du XVIIè siècle. C'est possible : nous espérons la réaction de personnes plus compétentes. Autre question : que signifient ces quatre creux ronds ? 4 est le chiffre fétiche des compagnons, selon A. Mercuzot.
 

Au XVIIe siècle vont apparaître, plus ou moins simultanément, deux types de fers : les fers à braises et les fers à lingot.

 

Les fers ou bateaux à braises

Les fers ou bateaux à braises sont en tôle ou en fer forgé. Comme leur nom l'indique, ce sont des "boîtes" dans lesquelles on introduit de la braise de charbon de bois. Des ouvertures, sur les côtés ou à l'arrière, facilitent la combustion qui peut être activée par un mouvement de balancement. L'utilisation de la braise n'est pas sans conséquence. Le dégagement d'oxyde de carbone est source de malaises, de maux de tête pour la repasseuse : certains fers sont munis d'une cheminée, fixe ou non, qui permet de dévier les gaz de combustion. Par ailleurs, les braises donnent des cendres qui peuvent salir les tissus. Il n'empêche que ce type de fer est encore utilisé de nos jours !

 

   
 

                            Bateau à braises XVIIIè siècle
                            Aisne
                            L 21   l 11   h 20/10   poids 2,1 kg 

 

                                           

       

 

Sur ces photographies, on découvre la fermeture à ressort, le temporisateur et l'arrivée d'air arrière.

 

 

Plus récent et plus lourd, cet autre bateau à braises date du XIXè siècle.

 

   
 

                                          Fer à braises aux dauphins
                                          Aisne
                                          L 22   l 10,5   h 22/10   poids 3,05 kg

 

 

     

 

     

 

On retrouve très souvent les dauphins comme ornementation des fers à repasse. Bien qu'il soit d'origine industrielle, il conserve une certaine finesse et une bonne finition au niveau des sculptures. On distingue la trappe pour éliminer les cendres, éventuellement activer la combustion, et la grille pour recevoir les braises. Ce fer est sans doute de la deuxième moitié du XIXè siècle.

Marques du fabricant :        

                                                    S          8
                                                    F         C
                                               

                              

 

 

   

 

 




 
 

                                               Fer à braises aux dauphins et au coq
                                               Var
                                               L 16   l 9,5   h 20/10   poids 2,2 kg

 

    

Le coq sert de bouton de fermeture du couvercle. Les finitions sont grossières : fin XIXè ou début XXè siècle.

Marques du fabricant :                                             

                                                                                     O T S

 

 

 

   
 

                                       Fer à braises et à cheminée
                                       Rhône
                                       L 19   l 8   h 17,5/8   poids 3,15 kg

 

 

       

 Marques :

                                                                                FER FRANÇAIS
                                                                                  L.HUGUENIN
                                                                                          FABT
                                                                                                       PARIS
                                                                                              0

 

                                                                                                                       

Les fers ou barquettes à lingot

Les fers ou barquettes à lingot présentent un énorme avantage par rapport aux précédents : ils sont à peu près propres et, surtout, ils n'émettent pas de gaz toxiques. Ils sont en laiton, en bronze, en tôle, en fer ou en fonte. Ils comprennent normalement deux lingots en fer : l'un est dans la barquette, l'autre chauffe : un gain de temps remarquable. Il est souvent percé d'un trou qui permet de manipuler avec un crochet. A l'arrière, une petite porte permet de mettre en place le lingot : elle s'ouvre par une charnière, latérale ou supérieure, ou par un système dit "guillotine" ou à glissière.

Les plus anciens datent du XVIè siècle. Plus légers que les précédents, s'adaptant aux nouveaux tissus comme le coton et à l'évolution de la mode suivant l'influence de la mode italienne, ils sont souvent finement décorés. Ils sont très utilisés au XIXè siècle.

 

   
 

                                         Barquette à lingot et son porte fer en laiton, XVIIIè siècle
                                         Aisne
                                         L 16,5   l 10,5   h 17/7,7    Porte-fer : L 17   l 11   poids 3,33 kg

 

 

 

   

 

 

 


 

 

     

 

Fer, porte-fer et support de la poignée ont la même décoration. Le lingot est troué pour en faciliter la prise avec un crochet.

A noter qu'il n'y a pas de porte à l'arrière : on devine le temporisateur.

 

Les deux barquettes suivantes, du XIXè siècle, ont une porte à guillotine.

 

   
 

                                       Barquette à lingot, en fonte
                                       Isère
                                       L 14   l 9,7   h 16,5/6   poids 2,9 kg

 

 

     

 

 

 

   
 

                                   Barquette à lingot, en laiton
                                   Var
                                   L 16   l 8,5   h 14,7/3,7   poids 1,56 kg

 

 

     

 

Sur ce dernier modèle, on voit deux petites encoches de chaque côté : une décoration quasi systématique sur ces fers en laiton !?

 

 

Les langues de bœuf, à lingot

Les langues de bœuf sont des fers à lingot dont la forme rappelle la langue de bœuf, d'où leur nom. Ils apparaissent, également, au XVIIè siècle en Europe du Nord et en Allemagne. Plus lourds que les barquettes, ils sont utilisés pour les tissus moins délicats que la dentelle, le coton ou la soie. Les premiers sont en fer forgé. On en trouve également en laiton ou en fonte.

 

   
 

                                           Langue de bœuf, à lingot
                                           Aisne           D
                                           L 23,5   l 9,7   h 19/7,5   poids 5,05 kg

 

 

   

 

 

On a là un gros fer langue de bœuf, peu décoré, avec une porte à pivot latéral et un lingot troué pour en faciliter la manipulation. Sur la semelle, à l'intérieur, on peut voir la lettre "D". Fonte ou fer forgé ? Montant de poignée penché ? Ce sont deux signes d'ancienneté de ce type de fer.

 

 

   
 

                                         Langue de bœuf ou barquette, à lingot
                                         Aisne      20
                                        
L 20   l 8   h 19,5/8   poids 3,50 kg

 

 

   




 

 

     


Langue de bœuf ou barquette ? Ce fer, sans doute du XIXè siècle, présente des caractères semblables à ceux du précédent avec un lingot troué, une porte à pivot latéral. Par contre, la décoration est beaucoup plus développée tant au niveau du protège-main que du support de la poignée. A propos de cette poignée, on note ici qu'elle repose sur deux supports alors que celle d'une langue de bœuf n'en a, en théorie, qu'un. Alors ?

 

Les plaques

Nous avons vu des fers industriels en fonte, à braises ou à lingot. L'évolution de la sidérurgie et, plus généralement, la Révolution industrielle, au XIXè siècle, permet d'utiliser de nouvelles technologies. Dans un certain nombre de domaines, le fer forgé est remplacé par la fonte coulée et moulée. Pour les fers à repasser, cela a deux conséquences : d'abord, l'apparition de systèmes de chauffage extérieurs comme le fourneau à bois qui rentre dans les maisons des particuliers ; ensuite, la conception de fers beaucoup plus simples, moins décorés, donc moins couteux que chaque foyer peut acquérir à plusieurs exemplaires. Contrairement à ceux que nous avons déjà présentés, ces fers sont constitués soit d'une seule pièce, soit de deux pièces avec une poignée en bois ou en fer. Leur nom est moins séduisant : ce sont des plaques.

 

 

   




 
 

                                  Plaque en fonte moulée
                                  Rhône         J.M     6
                                  L 17   l 10   h 11/2   poids 1,9 kg

 

 

La poignée est en fer, vissée sur le dos de la semelle. Elle est creuse, théoriquement pour permettre un refroidissement plus rapide. Elle est dite "ventre d'oiseau".

La forme générale est de type "français" : semelle pointue à l'avant, droite à l'arrière, pour tenir debout en s'appuyant sur la poignée.

Les fabricants de ces fers sont nombreux : M C, M H, J C

 

   

 

 





 
 

                                             Plaque en fonte moulée
                                             Rhône           J.C
                                             L 15   l 7,7   h 11/1,8   poids 1,3 kg

 

  

A noter, ici, une rare poignée en bois doublé de plaques de cuivre rivetées.

 

 

     
 

                                         Plaque
                                         Essonne          (    )
                                                         GENDARME
                                                          N°              5
                                         
L 17   l 9,7   h 11 / 2   poids 1,5 kg

 

 

 

 

     
 

                                                 Plaque en fonte moulée
                                                 Aisne
                                                 L 18   l 9,5   h 11,5/3   poids 2,5 kg

 

   

Ce modèle industriel français date de la fin du XIXè siècle. Ses décorations sont exceptionnelles pour ce type de fer. La poignée, en forme de têtes de dauphins opposées, est pleine. La semelle est dite "belge" : ovale à l'arrière et pointue à l'avant.

 

Fin XIXè, début XXè siècle, des fabricants, comme Arthur Martin, ont produits des fers en fonte émaillée, plus faciles à nettoyer et insensibles à la rouille.

 

     
 

                                    Plaque émaillée
                                    Essonne    N°    5
                                    L 16   l 9   h 8,5 / 2   poids 1,4 kg

 

 

Les fers à alcool

En cette fin de siècle apparaissent d'autres moyens de chauffage, là encore en relation avec les découvertes scientifiques et l'amélioration du confort dans les demeures privées. C'est ainsi que l'on utilise avec plus ou moins de bonheur et, surtout, de danger, des fers chauffés à l'huile végétale ou minérale fumante, à l'essence ou à l'acétylène explosifs, au kérosène ou pétrole lampant mal odorant : c'est le fait essentiellement des pays anglo-saxons.

Toujours à cette époque, apparaît le premier fer à alcool inventé en 1854 par l'américain Read. Son succès en Europe occidentale vient de l'allemand Feldmeyer à partir de 1877. Le modèle "Le Brillant" de 1903 pouvait aussi servir de fer à glacer par adjonction d'une semelle quadrillée ou rayée.
 

 

   

 

   







 
 

                                                         Fer à alcool
                                                         Isère
                                                         L tot. 21  L 15   l 6,5   h 17/6,5   poids 1,34
                                                         Réservoir L 7   Ø 4   

 

 

Ce fer, sans marque de fabricant, est en fonte nickelée. Soudée au bouchon du réservoir, une "mesure" permet de transvaser l'alcool. Ce réservoir est en relation avec un régulateur de débit marqué de A à Z et avec une rampe percée, dans sa partie inférieure, de nombreux trous où se forment les flammes. Le fer est percé de nombreux trous pour l'évacuation des gaz de combustion. Enfin, une plaque décorée protège la main de la chaleur.

Ces fers à alcool sont utilisés surtout pour les  voyages, tout comme les fers à méta (alcool solide).

L'arrivée du gaz dans les appartements donne naissance à une nouvelle source de chauffage soit interne, soit externe. Nous verrons dans les fers spéciaux un réchaud à gaz.

 

Les fers électriques

La révolution technologique arrive finalement en 1890 avec l'invention du fer électrique. Le premier semble venir des Etats-Unis ; des fabricants allemands et anglais suivent. Dans tous les cas, ce sont des fers très lourds (6 kg) destinés au tailleur ou au fabricant de billard. Ils sont à alimentation directe continue, ou de type condensateur (on branche ; il chauffe ; on le débranche ; on repasse…). Le premier fer domestique est encore une fois américain, vers 1910. En France, à Lyon, Léo Trouilhet invente, en 1913, un fer électrique de petite taille qu'il commercialise en 1917 en créant la Société Calor.

 

 

   
 

                                                       Fer électrique Calor
                                                       Rhône           CALOR
                                                                    1 UNIS-FRANCE 65
                                                       L 17   l 8   h 13,5/2,5   poids 1,7 kg

 

 

 

 

   

 

Premier fer "Calor", il est présenté sur un repose-fer de la même marque, mais, sans doute, plus récent.

Le fer électrique va évoluer dans son aspect. La surface de la semelle devient plus importante. La forme est plus aérodynamique. Les matériaux changent également. La poignée est en bakélite ; pour la semelle, la fonte est abandonnée au profit du fer, de l'acier nickelé, chromé puis inoxydable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

                                       Fer électrique de voyage Calor
                                       Rhône     115   220   190 (sur la prise)
                                       L 13,5   l 7   h 11/3,5   poids 0,82 kg

 

 

Ce petit fer de voyage Calor, le "Baby", regroupe les principales avancées technologiques de cette première moitié du XXè siècle : il date du début des années 50. Deux autres progrès vont apparaître : un thermostat, permettant d'adapter la température de chauffe au tissu à repasser, à partir de 1935 ; une production de vapeur ou une pulvérisation d'eau contenue à l'intérieur ou à l'extérieur du fer, aux Etats-Unis, dès 1926 avec une commercialisation en 1938.

 

 

   
 

                                   Fer électrique à thermostat
                                   Rhône           THOMSON - HOUSTON
                                   L 19,5   l 12   h 12/1,5 - 5   poids 1,2 kg

 

 

   



 

 

Ce fer des années 60 comprend un thermostat indiquant la position du curseur suivant le tissu traité.   

Calor suit cette évolution. Les fers produits sont lourds (3kg) ou légers (1 kg).

 

   
 

                                                 Fer électrique à thermostat
                                                 Rhône        Cadet matic N° 25
                                                                   220 volts  600 watts
                                                 L 21   l 10   h 11/0,8-4,5   poids 0,90 kg

 

 

       

   






 

 

 

   

 

 

 

     
 

                                  Fer électrique à thermostat
                                  Loire              Calor matic
                                                        N° 33  750 W
                                 
L 21   l 10   h 12 / 5,5   poids 1,80 kg

 

 

 

Et vient, enfin, le fer avec production interne de vapeur ou de jet d'eau. Tous les fabricants de fer électriques ont proposé un modèle comparable à celui que nous vous présentons.

 

   
 

                               Fer à repasser électrique avec jet d'eau et de vapeur
                               Rhône                Vanityfer
                                                 BLACK & DECKER
                               L 21,5   l    h 13,5/1   poids 1,3 kg

 

 

     

 

 

Des fers particuliers

Ce chapitre est consacré à des fers dont la forme et la destination sont sensiblement différentes de celles des fers que nous avons vus précédemment.

Le fer à coque est utilisé pour les manches ballons, les bonnets, mais aussi les chapeaux. Ils sont chauffés comme les plaques.

 

   
 

                                                  Fers à coque
                                                  Rhône (1 & 2)    Loire (3)
                                                  1 h 36,5 tête    9 x 5   poids 1,25 kg
                                                  2 h 33    tête 5,5 x 3   poids 0,32 kg
                                                  3 h 32    tête    7 x 4   poids 0,70 kg

 

 

Ce type de fer apparaît au XVIIIe siècle et succède au fer girafe dans lequel la tête est cylindrique, légèrement coudée. Beaucoup plus récemment, dans les années 1950, le coq Babeth, électrique, fut primé à plusieurs reprises. Il sert d'abord à mettre en forme les nœuds réalisés avec les rubans. D'abord, mais pas seulement. Fixé sur un socle en bois, il n'est pas tenu par la repasseuse qui, très habilement, passe le ruban sur "l'œuf" pour lui donner la forme souhaitée. Comme ses ancêtres, il sert également pour les manches ballons, les bonnets, les coiffes en dentelle...

 

 

   
                                       

                                        Fer à coq Babeth
                                        Loire
                                        h 26   œuf  10 x 4,7   poids 0,7 kg

 

       

 

Suivant la position de l'œuf, droite, à l'horizontale, pointe en haut, pointe en bas, il permet de lisser de très nombreux tissus.

 

D'autres fers doivent leur invention à la mode. C'est le cas des fers à tuyauter ou à gaufrer utilisés pour la réalisation de ce col particulièrement prisé, fin XVIe siècle, par la cour d' Henri III, la fraise. Ces fers ont la forme d'un cigare soit emmanché, soit monté sur un pied en "S".
 

 

 

   
 

                                                     Fer à tuyauter en laiton
                                                     Loir-et-Cher
                                                     Tuyau L 14    socle 11 x 11

 

 

Le chauffage est obtenu à l'aide d'un lingot de même forme  que le "cigare". L'étoffe est préalablement empesé avec de l'amidon.

 

Le fer à glacer permet de donner à certaines parties d'un vêtement, surtout masculin, un aspect poli et brillant. La semelle est trapézoïdale, à talon arrondi. Elle peut être plane et lisse : c'est la plus courante et la plus utilisée, mais aussi striée, "cloutée" (en fait, en relief à têtes de clous arrondies), ou à croisillons.
 
   
 

                                                    Fer à glacer
                                                    Seine
                                                    L 14   l 5,5 / 9,5   h 10/2,8   poids 1,9 kg

 

 

D'autres fers sont à usage professionnel : le chapelier dispose de nombreux modèles de forme variable adaptée à la fonction. En voilà quelques' uns de la fin du XIXè siècle, début XXè, avec un système de chauffage externe, à gaz.

 

 

     
 

                                         Réchaud à gaz pour fers de chapelier
                                         Loire                N° 50
                                                              M  (     )  D
                                                                    BTE
                                         26 x 23   h 18

 

 

     

 

 

 

   
 

                                                Fer de chapelier
                                                Loire
                                                L 16   l 7   h 6 / 12   poids 4,0 kg

 

 

   




 

 

Ce fer sert à lisser le haut du chapeau.

 

 

   
 

                                                          Fer de chapelier
                                                          Loire
                                                          L 15,5   l 7   h 13 / 6   poids 3,15 kg

 

 

   




 

 

 

D'autres fers de chapelier sont plus classiques, symétriques. Comme les précédents, ils sont dits "fers bichons" – à l'origine de "bichonner", ou inversement ? Quelle est l'origine de ce qualificatif ?

Bernard BACHET, un internaute de Bretagne, s'est particulièrement intéressé au repassage. Il nous donne quelques précisions. Le terme de bichon daterait du XIXè siècle. En effet, à cette époque, les hommes portaient journellement casquette, ou chapeau, et, les jours de mauvais temps, quand la pluie avait défiguré leur beau "bada", il était d'usage pour réparer les dégâts que l'eau avait causé à la colle des poils du chapeau de s'entendre dire par leur chapelier "Ne vous tourmentez pas, je vais m'occuper de cela, je vais vous bichonner cela, cher Monsieur, vous n'y verrez rien". Le mot bichonné était compris dans le sens de "Je vais bien m'occuper de vous par le client", alors que le chapelier, lui, faisait part de son action.

 

 

   









 
 

                                                     Fer de chapelier
                                                     Loire              NAGAUD
                                                                             A LYON

                                                     L 17   l 7,5   h 12 / 6   poids 4,15 kg

 

 

 

 

   
 

                    Fer de chapelier
                    Loire         SERVE & NOTTER
                                              LYON   4
                    L 16   l 7,5   h 11 / 6   poids 3,9 kg

 

 

Dans cette série, le repose-fer était avant tout fonctionnel, en aucun cas décoratif.

 

   
 

                                         Repose fer "professionnel"
                                         Loire
                                         L 19   l 10,5

 

 

 

 

Les tailleurs avaient eux-aussi des fers particuliers, en général très lourds, utilisés pour aplatir les coutures.
 
   
 

                                              Fer de tailleur
                                              Loire
                                              L 20   l 7   h 12 / 5   poids 4,78 kg

 

 

 

Cet autre fer, de la fin du XIXè siècle, provient de la fonderie CAMIONS FRERES, au marquage à l'ancre marine.

 

   











 
 

                                                 Fer de tailleur
                                                 Loire        C  (ancre)  F
                                                                     7        K
                                                 L 21   l 7,5   h 16, / 5,5   poids 6,83 kg

 

 

 

A l'opposé de ces fers très lourds, les fers de dentellières sont parfois comparables à ces fers jouets destinés aux petites filles pour leur apprendre, dès leur plus jeune âge, ce qui les attend : c'est, du moins, ce que l'on pouvait dire jusqu'en dans les années 60 du XXè siècle !

 

 

   







 
                                               Fer de dentellière
                                             Essonne          C  (ancre)  F
                                                                            2
                                            
L 8,7   l 5   h 5,5 / 1,3   poids 0,30 kg
 

 
                        

 

   
 

                                                      Fer de dentellière
                                                      Essonne
                                                      L 8,2   l 5,5   h 6,5 / 1,5   poids 0,42 kg

 

 

Autre fer de petite taille, le fer kabyle est utilisé par la blanchisseuse pour repasser des parties de vêtement difficiles à atteindre à cause de leur petite taille. Pour la même raison, il sert à la modiste. Il semble être d'origine française, de la fin du XVIIIè siècle. Son nom reste une énigme.
 
     
                                              Fer kabyle "Dites-le avec des fleurs"
                                            Essonne
                                            Fer L 8,5   l 5,2   manche 33   poids 0,40 kg
 

 

 

Comme dans de nombreux articles, il faut parler de l'outil mystère. En voici un, d'origine artisanale. Il s'agit sans doute d'une presse à chaud, avec comme base un fer à repasser. Pour quel usage ? On ne le saura sans doute jamais.

 

   

   

     Presse à chaud (!?)
     Loire
     bâti h 29   base en caoutchouc 15 x 8


 

 

 

Pour terminer, voici deux accessoires indispensables : le repose-fer et la jeannette.

Nous avons vu le repose-fer du chapelier, lourd et simple, mais fonctionnel. Chez le particulier, celui-ci est beaucoup plus léger, en acier ou très décoré, en fonte.

 

   
 

                                                Repose-fer en acier
                                                Rhône
                                                Support L 23   l 12,5   L tot. 32

 

 

 

 

   
 

                                                Repose-fer en acier
                                                Loire
                                                L 22   L 10

 

 

 

 

   
 

                                                     Repose-fer en fonte
                                                     Loire
                                                     L 23   l 10

 

 

 

La jeannette permet de repasser les manches de chemise sans faire de pli longitudinal.

 

 

   
 

                                               Sifran ou pied à manches ou Jeannette
                                               Loire
                                               L 44   l 11 / 8

 

 

 

 

   
 

                                               Sifran ou pied à manches ou Jeannette
                                               Rhône
                                               L 40   l 12 / 6

 

 

C'est par cet accessoire, bien présent dans les foyers des générations antérieures, disparu aujourd'hui, que nous terminons cet article. Selon nos principes, nous n'évoquons en détails que les objets dont nous disposons. Nous n'avons donc parlé que brièvement des fers à gaz de ville ; les fers de giletière, de corsetière... sont passés sous silence. Espérons qu'un jour, nous pourrons combler ces lacunes.

 

 

Pour bien repasser…

1 Conseils généraux

La repasseuse doit avoir les mains très propres et porter une tablier blanc, pour ne pas défraîchir le linge qu'elle a à manier. Ne pas repasser le linge encore humide du lavage, car les fers risquent de le tacher… Mettre ensemble : en paquets séparés, mouchoirs, serviettes, torchons, chemises de jour, de nuit, etc., pour repasser l'un après l'autre tous les objets de même sorte, le travail est ainsi plus parfait, plus rapide, le pliage plus régulier.

Ranger les fers à l'abri de tout ce qui peut les salir ou en altérer le poli. Pour nettoyer un fer rouillé ou Sali, ou qui a collé à une pièce amidonnée, le frotter lorsqu'il est chaud, avec un morceau de cire jaune enveloppée d'un chiffon, puis sur un papier de verre demi gros, ou sur un papier grossier saupoudré de sel fin. L'essuyer avec soin pour terminer. Agir de même, mais avec la cire vierge, avant le repassage d'une pièce empesée, pour éviter que le fer ne s'y colle.

Après avoir déterminé la mesure de pliage la plus commode pour les classements dans l'armoire à linge, l'adopter pour toutes les pièces de même ordre, afin d'obtenir des piles régulières et bien équilibrées.

 

2 Le matériel

Pour un ménage, le matériel nécessaire est assez impressionnant en ce début de XXè siècle : 4 fers ordinaires avec une poignée ; 1 fer à glacer, à talon, avec une poignée souple ; 2 fers polonais, avec une petite poignée souple ; 3 fers à coques (petit, moyen, gros) ; 4 fers à tuyauter, de grosseur moyenne ; 1 pied à manches ; 1 pied à bonnets ; 2 planches à jupons (1 petite, une grande) ; 1 planche à glacer ; 1 porte-fer ; 1 lange de laine et des chiffons propres ; 1 nouet de cire jaune ; papier de verre (n° 5) et toile émeri fine. La liste est impressionnante quand on la compare à ce qu'un ménage d'aujourd'hui utilise pour repasser ou… ne pas repasser.

On peut encore ajouter un porte-fer pour ne pas brûler la table. La cire jaune donne une meilleure glisse au fer ; le lange de laine ou de flanelle sert à repasser les broderies, les dentelles ; un petit chiffon ou mouillon permet d'humecter les faux plis ; le papier de verre est utilisé pour nettoyer les fers sales, la toile émeri pour le fer à glacer.

Enfin, pour être complet, ajoutons la table à repasser qui, à l'époque, n'est qu'une planche habillée de plusieurs épaisseurs de molleton, enveloppées dans un linge bien blanc en coton… et le fourneau indispensable pour chauffer les fers. Pour un pliage parfait, "au carré", la réglette s'impose.

 

 

   

 

Le fer chien, semblable au fer ordinaire, mais de bien plus petite taille, sert pour le repassage de la layette et les pièces de lingerie fine. Le fer polonais est nécessaire pour bien repasser volants, ou toutes parties montées en fronces.

 

3 L'apprêtage

L'apprêtage varie suivant qu'il s'agit :

- de linge plat, sans amidon. Ce sont les torchons, les serviettes, les chemises de nuit, les pantalons… Pour le mouiller, se servir de n'importe quel objet capable de projeter l'eau en gouttelettes ; ou, à défaut, prendre de l'eau dans la main droite fermée, l'amener au-dessus des pièces de linge, secouer l'avant-bras et, à mesure que l'eau s'écoule, ouvrir les doigts… L'importance du mouillage varie suivant la nature et l'épaisseur du tissu.

- de linge souple, à préparer à l'amidon cuit ou à la gomme, à la fécule, à l'eau de riz. Il s'agit des jupons, corsages, linge fin de table, gilets en piqué, rideaux… Ce traitement augmente la durée du linge et son agrément : il lui rend son aspect de neuf. La concentration en amidon varie de 10 à 40 g/l. Mélangé à d'autres produits (borax, savon râpé, ou paraffine ou glycérine), il peut se retrouver jusqu'à 80 g/l dans ces apprêts. L'eau gommée est, surtout, utilisée pour les tissus colorés, la fécule pour les objets fins comme les mousselines, les dentelles, l'eau de riz pour le linge neuf et de bébé.

 - de linge ferme, à l'amidon cru. Cela concerne les devants de chemises d'homme, les faux cols, poignets, cols marins.

 

4 Le repassage

Apprécier le degré de chaleur en s'approchant le fer de la joue, ou encore en l'essayant sur un chiffon.

  • Mouillage : prendre un fer très chaud pour repasser la surface humectée, sans quoi on risque de faire une tache de rouille.
  • Direction à donner au fer : observer, en repassant, le sens des fils, et ne pas faire glisser le fer dans le biais du tissu, qu'il faut travailler dans le sens de la chaîne, pour diminuer sa tendance à prêter. Repasser les bords en travers, quels qu'ils soient, afin d'éviter de les déformer, ou, suivant l'expression courante, de les faire "goder". Repasser les parties doubles des deux côtés.
  • Glaçage : il a pour but de donner au linge le reflet d'une surface polie. Il est réalisé sur les faux cols, les manchettes, les plastrons de chemises d'hommes, [éventuellement] le linge de table. Le linge à glacer ne reçoit aucun apprêt spécial. Quand il est repassé et bien sec, on substitue le fer à glacer au fer ordinaire. On se sert de la planche à glacer, le brillant n'étant obtenu que si le fer est conduit sur une planche très dure et résistante. Avec un petit chiffon passé sur le savon blanc, ou dans une eau savonneuse, mouiller très légèrement la partie à glacer. Passer le fer de haut en bas, sans appuyer pour commencer, puis en appuyant progressivement très fort, et en suivant toujours très exactement la chaîne et la trame du tissu… Certaines personnes emploient l'amidon pour le glaçage : l'amidon ou plutôt un savant mélange aqueux comprenant suif, stéarine (bougie), spermaceti, gélatine, amidon. Moins spectaculaire que les modèles à bout pointu (a) ou à clous (c), ou cannelés, le fer à bout carré ou à talon est le plus utilisé.
  • La soie ne se repasse pas, ou très légèrement avec un fer tiède. Le velours se repasse à l'envers, en le tendant, de même que les lainages foncés. Le repassage de chaque sorte de linge, de chaque vêtement, exige un tour de main spécial.

 

   

 

On pourrait décrire, ici, avec force détails, la façon de repasser les draps, les taies d'oreiller, les nappes, les serviettes de table, les stores, courtines et rideaux, les chemises de nuit et camisoles, les pantalons, les chemisettes, les costumes, les trousseaux de femme, d'homme, de bébé, de fillettes et garçonnets, de lingerie d'Eglise… Pour l'instant, nous nous abstiendrons !

Que dire de cette dernière partie ? A qui s'adressaient ces conseils ? A la maîtresse de maison ou, plutôt, à une employée de maison. Les temps ont bien changé, et heureusement. La mode a permis cette évolution, l'apparition du fer électrique, aussi. Le plus souvent, un fer à repasser, de préférence avec production de vapeur et de jets d'eau, suffit dans notre société du XXIè siècle. Maîtresse de maison, disions-nous : propos un peu machistes. Il est fréquent, surtout, chez les jeunes couples, mais pas seulement, que le repassage soit effectué par l'épouse et l'époux, en particulier lorsque les deux travaillent à l'extérieur du foyer. Une chose est certaine : depuis la plus haute antiquité, le repassage ou lissage est largement utilisé pour mettre en évidence une tenue vestimentaire, comme les tuniques plissées, un tailleur, une robe, un costume ou, encore, une simple chemise, et par là-même, une fonction professionnelle, un statut social ou une activité festive.

 

Bibliographie

1 Edith Mannoni, Les Fers à repasser, Massin Editeur, 1996.

2 Librairie Hachette, Nouveau Dictionnaire de la Vie Pratique, en 2 tomes, 1923.

3 Librairie Larousse, Larousse Ménager – Dictionnaire illustré de la vie domestique, 1926.

 

Pour d'autres informations, voir le site :

Bienvenue sur fers-anciens-de-collection.com         http://www.fers-anciens-de-collection.com/fer_a_repasser_ancien_de_collection.html

 

 

FIN

 

 

A.R.C.O.M.A.  NOS FERS A REPASSER