ÉCLAIRAGE

 

 

LABORATOIRE PHOTOGRAPHIQUE

 

 

Avant de présenter nos lanternes ainsi que quelques objets annexes utilisés dans un ancien laboratoire de photographie, nous vous proposons un dictionnaire basique et un résumé de l'histoire de la photographie. En aucun cas, nous ne souhaitons réaliser un document exhaustif : nous n'en sommes pas capables. D'autres, dans des livres ou sur Internet, vous donneront des informations beaucoup plus précises.

Pour corriger cet article, pour en rédiger un ou deux chapitres à venir, nous avons fait appel à un collectionneur qui est en même temps un expert reconnu en ce domaine, Monsieur Jean Paul BOUCHET. Nous le remercions sincèrement pour ses remarques et ses conseils.

 

Dictionnaire de la photographie

Chambre noire : imaginons un cube de 0,50 x 0,50 m, la chambre noire. Un côté est percé en son centre d'un petit trou, le sténopé, par lequel vont passer des rayons lumineux émis par un objet, un personnage… Ces rayons aboutissent sur la face opposée du cube en reproduisant l'objet, le personnage : l'image obtenue est plus petite et inversée (haut/bas, gauche/droite).

Châssis-presse : cadre en bois permettant d'apposer l'une contre l'autre les émulsions négative et positive, d'exposer le tout aux rayons du soleil et d'obtenir l'épreuve définitive.

Composé photosensible : la nature des composés photosensibles a évolué avec le temps : bitume de Judée, sels d'argent sous forme d'émulsion. Celle-ci est obtenue en incorporant une solution de nitrate d'argent dans une gélatine fluide à 37° C contenant un halogénure (bromure, iodure, chlorure) de potassium. Halogénure et nitrate d'argents se combinent pour donner des cristaux sensibles aux seules radiations violettes et bleues (dans le visible). Une fois figée, la gélatine fait l'objet d'un nettoyage pour en éliminer les ions non combinés. La sensibilité à la lumière (°ISO) de cette gélatine est faible : elle est augmentée soit par une refonte à température adéquate, soit par adjonction d'un composé chimique (ammoniac…).

Couleurs complémentaires : 2 couleurs complémentaires mélangées donnent naissance à un gris.

Couleurs fondamentales : couleurs de bases qui ne peuvent être reproduites par le mélange des deux autres : rouge, bleu-violet et vert pour la peinture.

Couleurs primaires : couleurs de bases qui ne peuvent être reproduites par le mélange des deux autres : rouge, bleu-violet et vert pour la photographie ; bleu, jaune et rouge pour la peinture.

Développement : procédé résultant de l'action d'un révélateur, d'un fixateur et d'un lavage, pour le noir et blanc. Il permet d'obtenir à partir d'une image latente soit une image négative (où opacités et transparences sont inversées par rapport à celles de l'objet photographié) à l'origine de l'épreuve positive, soit une image positive (diapositive).

Fixateur : intervient après le révélateur pour fixer l'image obtenue. On utilise une solution d'hyposulfite de sodium à 20 %.

Germe sensible : particules d'argent colloïdal incluses dans le composé photosensible, au côté des halogénures d'argent ; ce sont les véritables supports de l'image latente.

Lumière inactinique : lumière sans effet photochimique. C'est le cas d'une lumière rouge (surtout) ou jaune-vert (à la rigueur, mais peu de temps) pour les sels d'argent utilisés dans la photographie. Pour d'autres catégories de pigments, cette lumière peut être verte...

Orthochromatique : émulsion, plaque, support, sensibles à toutes les couleurs, à l'exception du rouge. Lui correspond le papier photosensible "noir et blanc" dont l'émulsion est composée de sels d'argent.

Panchromatique : émulsion, plaque, support, sensibles à toutes les couleurs, donc proches de la vision humaine. Lui correspond le papier photosensible "couleur" dont l'émulsion est plus complexe.

Photographie : procédé permettant d'enregistrer, à l'aide de la lumière ou de rayonnements électromagnétiques et de produits chimiques, l'image d'un objet. Le principe est fondé sur la transformation de composés minéraux ou organiques sous l'action de la lumière ou de radiations actiniques (rayons U.V., I.R., X, gamma…).

Procédé additif : par mélange des 3 couleurs fondamentales (rouge, vert et bleu), dans des proportions données, il est possible d'obtenir toutes les couleurs perçues par la rétine de l'œil. Il n'est plus utilisé en photographie.

Procédé soustractif : les couleurs utilisées sont les couleurs complémentaires du rouge, vert et bleu, à savoir le jaune, le pourpre ou magenta et le bleu-vert ou cyan. Une lumière blanche traversant une juxtaposition de filtres de ces 3 couleurs donne un écran noir. Si on ne laisse que le filtre jaune ("soustraction" des deux autres), l'écran est jaune… Ce procédé multicouche est utilisé dans la plupart des films couleur : Kodachrome (1935), Agfacolor (1936), Ektachrome (1945), Fujicolor (1948)…

Révélateur : solution de produits chimiques qui transforme l'image latente en image visible constituée par de l'argent réduit. Les formules sont très nombreuses, fonction de l'émulsion photosensible utilisée et du résultat que l'on cherche à obtenir (clichés doux ou contrastés, à grain fin ou grossier…)

Support : matériel de nature diverse, verre, nitrate et triacétate de cellulose, matière plastique opaque ou transparente (polyester), papier… sur lequel est coulé le composé photosensible (gélatine contenant des cristaux de sels d'argent en suspension).

Tirage : photographie positive obtenue par projection de la photographie négative éclairée par une lumière blanche, sur un composé photosensible étendu sur un support.

 

 

Histoire de la photographie

Cette histoire de la photographie veut simplement montrer les dates principales de l'évolution du procédé photographique. Les inventeurs cités pour une découverte sont, souvent, à l'origine d'autres avancées dans de nombreux domaines (mathématiques, optique, art…). Une fois de plus, si cela est nécessaire, les dates de naissance/décès montrent que le XIXe siècle est à l'origine d'une véritable révolution technique et intellectuelle.

 

- Aristote (384 – 322 av. J.C.) semble être le premier à décrire la chambre noire.

- 1027 : Alhazen (965 – 1039), outre l'étude de la vision humaine, met en équation le rôle du sténopé et cherche, en vain, à renverser l'image formée dans la chambre noire.

- 1490 : Léonard de Vinci (1452 – 1519)  réalise une "camera obscura" de petite taille, avec sténopé, pouvant être tenue à la main).

- 1550 : Girolamo Cardano (1501 – 1576) améliore la luminosité dans la chambre noire en mettant une lentille devant le sténopé qui est agrandi.

- 1816 ou 1826 : Nicéphore Niepce (1765 – 1833)  utilise une plaque d'étain recouverte de bitume de Judée le bitume de Judée  comme couche sensible, avec lequel il obtient des positifs. Naturellement noir, le bitume devient blanc dans ses parties impressionnées et insoluble dans l'essence de lavande. Le temps de pose varie de quelques heures à plusieurs jours. Pour la première fois, l'image peut être conservée : la photographie est née.

- 1822 : Louis J.M. Daguerre (1787 – 1851) invente le diorama, peinture panoramique sur toile, à double face et sans bords visibles, présentée dans une salle obscure afin de donner l'illusion, grâce à des jeux de lumière, de la réalité et du mouvement

- 1829 : Niepce et Daguerre s'associent et arrivent à fixer l'image de la chambre noire sur une plaque d'argent. La netteté de l'image est améliorée en diaphragmant l'objectif (la lentille de Cardan).

- 1835 : Daguerre, désormais seul, découvre l'action de la vapeur de mercure sur l'iodure d'argent impressionné.

- 1837 : Daguerre découvre la possibilité de dissoudre l'iodure résiduel dans une solution chaude de sel marin.

- 1838 : Daguerre, à partir de ses recherches antérieures, invente le daguerréotype : une plaque de cuivre argentée est soumise à des vapeurs d'iode pour former de l'iodure d'argent sensible à la lumière. La plaque est alors exposée dans une chambre noire, puis soumise à des vapeurs de mercure pour révéler l'image directement positive. La fixation est réalisée avec de l'hyposulfite de sodium.

- 1838 : L'anglaisWilliam H.F. Talbot (1800 – 1877) fabrique des papiers sensibles en les imprégnant de sel marin et de nitrate d'argent. Ce procédé, le calotype ou talbotype, est breveté en 1841. Il permet de réaliser plusieurs positifs avec un seul négatif, contrairement au daguerréotype qui ne peut donner qu'un seul positif.

- 1839 : Hippolyte Bayard (1801 – 1887) obtient des images directement positives à partir de chlorure et d'iodure d'argent.

- 19 août 1839 : Daguerre présente le 1er procédé photographique exploitable, le daguerréotype. L'invention de la photographie est dévoilée et offerte au monde, sauf en Angleterre où Daguerre a déposé des brevets...

- 1839 : John Herschell (1792 – 1871) est le premier à utiliser l'hyposulfite de sodium comme fixateur.

- 1841 : Hippolyte Fizeau (1819 – 1896) remplace l'iodure d'argent par le bromure pour réduire à quelques secondes le temps d'exposition. Sa découverte est reprise par la plupart des fabricants.

- 1848 : Abel Niepce de Saint Victor (1805 – 1870)), neveu de Nicéphore, étale sur une plaque de verre une légère couche d'albumine qu'il imbibe d'iodure d'argent. L'image négative obtenue est reproduite par fixation sur papier d'épreuves positives. L'iodure sera remplacé par du bromure.

- 1848 : Edmond Becquerel parvient à reconstituer les couleurs.

- 1850 : Gustave Le Gray (1820 – 1884) met au point le négatif sur verre au collodion humide, puis, l'année suivante, le négatif sur papier ciré sec.

-1851 : Frederick Scott Archer (1813 – 1857) combine le calotype et le daguerréotype, utilise le collodion humide (avant ou après Le Gray ?).

- 1861 : James Clerk Maxwell (1831 – 1879) réalise une photographie couleur suivant le procédé soustractif.

- 1869 : Louis Ducos du Hauron (1837 – 1920) réalise, suivant les travaux de Maxwell, une photographie couleur, le trichome, en utilisant des filtres correspondant aux trois couleurs fondamentales : le rouge, le bleu et le jaune. Trois photographies sont nécessaires, chacune à travers l'un de ces filtres. Les gélatines, séparée de leur support, sont superposées et donnent l'image colorée du sujet photographié.

- 1871 : Richard Maddox (1816 – 1902) remplace le collodion par de la gélatine. L'union gélatine – bromure d'argent va être, dès lors, utilisée par la plupart des fabricants pendant plusieurs décennies. La sensibilité de ces plaques est telle que l'exposition nécessaire à la lumière n'est que de quelques fractions de secondes.

- 1888 : George Eastman (1854 – 1932) remplace la plaque de verre par un film souple en celluloïd.

- 1904 : Les frères Lumière (Auguste /1862 – 1954 et Louis / 1864 – 1848), reprenant les travaux de Ducos du Hauron, parviennent à réaliser une photographie couleur sur une seule plaque, l'autochrome. Le procédé autochrome est présenté à l'Académie des Sciences le 30 mai 1904 : les grains colorés d'un autochrome, de 8.000 à 9.000 par mm2, sont constitués de fécule de pomme de terre dont le principal fournisseur était à Juré dans la Loire.

 

Fidèles à nos habitudes de ne retracer "l'histoire" que jusqu'au début du XXe siècle (sauf rare exception), nous arrêtons là cette évocation de l'histoire de la photographie. Il y aurait beaucoup à dire jusqu'à l'invention de la photographie numérique qui, un jour sans doute, laissera la place à un autre procédé.

 

L'éclairage du laboratoire photographique

La plupart des lanternes destinées au développement photographique disposent d'un verre rouge. Il y a tout de même de rares exceptions, comme le jaune, au moment du tirage, ou plus curieusement, le vert (!?).

Comme d'habitude, nous ne montrons que ce que nous possédons. Nous aurions voulu vous présenter des lanternes à acétylène, à gaz, électriques : nous n'en avons pas.

 

Lanternes à bougie

A priori, ce sont les plus anciennes.

 

         

 

     
 

                                              Lanterne cylindrique à bougie, à verre rouge.
                                              Pyrénées-Orientales
                                              h 18   Ø 5,5

 

 

Le verre cylindrique, solidaire du chapiteau en laiton, tourne à l'intérieur du cylindre en fer blanc qui lui sert de protection.

 

 

   







 



 

 

     
 

                             Lanterne semi-cylindrique, à bougie, à verres rouge et orange
                             Pyrénées-Orientales
                             h 19,5  l 9,5  prof. 9

 

 

Une double rainure, en façade, permet de glisser les deux verres : un rouge, un orange. En fin de développement, le verre rouge est enlevé et permet d'avoir la lumière du verre orangé, plus éclairant, mais inactinique au moment du fixage.

 

     

 

     
                             Lanterne semi-cylindrique, à bougie et verre rouge
                           Pyrénées-Orientales
                           h 29  l 14,5  prof. 10
 

 

Le verre rouge, unique, est maintenu sur les côtés par une rainure. A l'arrière, une double poignée pour la transporter et un anneau de suspension.

    

     

 

     
 

                           Lanterne trapézoïdale, à bougie, à verres rouge et orange
                           Pyrénées-Orientales
                           h 26  l 19,5 – 15  prof. 12

 

 

Deux verres pour cette grosse lampe : un rouge, fixe et un orange, amovible. Une poignée sur chaque partie pleine et un anneau de suspension.

 

     

 

   

 

 

 





 
 

                                  Lanterne à bougie et verres inclinés, rouge et orange
                                  Pyrénées-Orientales
                                  h 17,5  l 13,2  prof. 9,1

 

 

A l'origine, cette lampe est munie à l'avant de 2 verres superposés, un rouge et un jaune. Sur la partie supérieure, un vert jaune (vu par-dessous dans la photo, en bas, à droite), inactinique, peut être découvert pour éclairer davantage que la lampe munie de son seul verre rouge, et sans action sur l'émulsion photosensible à partir de l'opération de fixage. Manque également le chapiteau.

 

Lanternes à huile

 

     

 

     
 

                            Grande lanterne à huile, à verres rouge et vert
                            Pyrénées-Orientales           MODÈLE
                                                                        DÉPOSÉ
                                                                      

                            h 50  l 23,5 x 23,5

 

 

On a, là, une grande lampe de section carrée : un verre rouge, assez mince, amovible par le haut, une verre vert gaufré épais, amovible par le haut, une plaque métallique noire, amovible par le haut et, enfin, une plaque métallique basculante, mue par le bouton "B", cette dernière sans doute pour accéder à la lampe à huile de section ronde. Si le vert rouge est classique, que faut-il penser du verre vert gaufré et de la plaque métallique amovible ?

 

 

     













 
 

                                 Lanterne à huile, à vitre rouge
                                 Pyrénées-Orientales
                                 h 28  l 11 x 11

 

  

Il s'agit d'une lanterne magique transformée en lanterne de laboratoire photographique. Le verre est carré extérieurement, mais la section est ronde intérieurement (objectif).

 

Lanternes à essence minérale

Ce type de lanterne a pour source lumineuse une lampe de type "PIGEON", du nom de son inventeur, Charles Pigeon (1838 – 1915). Le premier modèle, à essence minérale, est réalisé en fonte, en 1878. Un modèle plus léger en laiton nait en 1884. A l'intérieur, il remplace l'éponge absorbant l'essence par de la feutrine : l'essence ne peut plus couler, même si la lampe est renversée. D'autres perfectionnements sécurisent la lampe, comme la présence de plâtre dans le bec brûleur ou une cage métallique enserrant la mèche pour que celle-ci reste bien en contact avec la feutrine et, donc, l'essence. Cette lampe fait l'objet d'une étude plus détaillée dans l'article sur l'éclairage de la maison (en attente).

 

     
 

                                     Lampe à essence minérale PIGEON
                                     Pyrénées-Orientales                 LAMPE - PIGEON
                                     h 18  base Ø 8                               GARANTIE
                                                                                           VERITABLE
                                                                   INEXPLOSIBLE A L'ESSENCE MINÉRALE
                                                                                                 ……….

 

 

Cette lampe portative, économique, est utilisée pour les déplacements dans la maison, mais aussi dans de nombreux métiers artisanaux. C'est le cas chez le photographe, amateur ou professionnel, qui monte sur le bec brûleur une verrine de couleur.

     

 

   
 

                                     Verrine à verres rouges, sur lampe Pigeon
                                      Pyrénées-Orientales        LAMPE JUNIUS
                                                                                BTE  S.G.D.G
.

                                      h 16  l 5,5 x 5,5

 

 

Les 4 faces sont occupées par des verres rouges.

 

 

   
 

                                 Verrines à verre rouge foncé pour lampe Pigeon
                                  Pyrénées-Orientales           LAMPE JUNIUS
                                  1 h 15  Ø 7     2 h 15  Ø 7     3 h 14,5  Ø 6,5

 

 

 

 

   

 

     
 

                                    Verrine à verres rouge et jaune pour lampe Pigeon
                                     Pyrénées-Orientales       LAMPE JUNIUS
                                    
h 15  l 5,6 x 5,6

 

 

"Les abat-jours articulés renvoient la lumière sur la cuvette de développement et protègent les yeux."

   

 

   



 
 

                                   Verrine à vert cylindrique orangé
                                    Pyrénées-Orientales      J D
                                    h 15  Ø 4,8

            

 

 

Le matériel "annexe" utilisé en photographie

Les marques de supports en verre

     

     
 

PLAQUES ULTRA-RAPIDES                                                    PLAQUES INSTANTANÉES

Au Gélatino-bromure d'argent                                                      Au Gélatino-bromure d'argent

GRIESHABERT Frères & CIE                                                                            J . JOUGLA

                  ST MAUR                                                                               SUCCESSEUR DE

       13 x 18               9 x 12                                                              E.GRAFFE & J.JOUGLA

                                                                                                                           9 X 12

 

 

            

 

 



   
 

                                                                         A.  LUMIÈRE & SES FILS

                                                                Plaques au gélatino-bromure d'argent

                                                                       13 x 18       9 x 12      61/2 x 9

 

 

 

 

   









 
 

                     LA LYONNAISE                                                                                       ECLAIR

               A.LUMIÈRE & SES FILS                                                                        GUILLEMINOT

                     13 x 18          9 x 12                                                                                ULTRA-RAPIDE

                                                                                                                                            9 x 12

 

 

 

 

   
 

                                                                Quelques négatifs sur verre  13 x 18

 

 

 

 





   
 

                                      Souvenir de la guerre 14 – 18 : à l'hôpital, retour de la bataille des Dardanelles (1916)

                                                    Négatif sur plaque de verre   -   Positif après numérisation

 

 

 

Pour le développement

Durant près d'un siècle, les négatifs sont développés dans des cuvettes contenant chacune révélateur, fixateur, eau de lavage… Tant que le support est unique, une plaque de verre par exemple, les manipulations sont relativement simples. Par contre, avec l'apparition des films cellulosiques, les incidents sont fréquents : le film n'est pas toujours trempé uniformément dans les solutions révélatrices. Ces irrégularités se retrouvent sur le positif. Cet inconvénient est à l'origine du développement en cuve : le film est enroulé sur une bobine ; entre les spires, pour permettre un meilleur contact avec les solutions chimiques, on introduit une bande gaufrée en celluloïd. Si le procédé semble partir d'un bon principe, il n'en a pas été de même quant au résultat, notamment à cause de la bande gaufrée qui empêchait une imprégnation continue du film par les solutions révélatrices.

      

     

 

     

 

   
 

               Cuve à développement en bakélite  
               Rhône
               Cuve h 12,5  Ø 11,5 - 9

               1 cuve        2 couvercle percé en son centre
               3 bobine avec celluloïd gaufré
               4 agitateur

      

 

 

Dans le dictionnaire, nous avons vu le châssis-presse. Il permet de réaliser le tirage, le positif, à partir du négatif, par exposition aux rayons du soleil.

Il est constitué d'un fond en 2 parties articulées, d'un feutre et d'une vitre : le papier-émulsion positif est placé sur le fond, émulsion vers le haut ; il est recouvert par le négatif, émulsion vers le bas, éventuellement par un cache en aluminium délimitant la taille de la photographie et, enfin, par la vitre.

        

 

       

 

     
 

                Châssis-presse américain                                            EASTMAN NON-SLIP PRINTING FRAME
                Rhône                                                                                            FOR 4 x 5 NEGATIVES
                15,2 x 12,7 x 2,2                                                                              PATENTED IN U.S.A.
                                                                                                                                AUG. 21.  1917

 

                                                                               

 

 

 
 
   

 










   
 

Châssis-presse français                                                                              PLANOX
Rhône                                                                                                        J.GAMBS
15,1 x 12,1 x 2,2                                                                                          LYON

 

 

Dans son livre publié en 1874, "La Photographie", Gaston Tissandier parle de "châssis à reproduction". L'appellation  "châssis- presse" semble plus tardive, vers 1907.

Pour la finition du positif, on utilise un massicot pour lui donner les dimensions souhaitées.

      

   




 
 

Cisaille ou massicot                                                                        N° 1 KODAK TRIMMING BOARD     Loire                                                                                                          MANUFACTURED BY
15,2 x 12,9 x 2,0   graduations de 0 à 5 cm                                      EASTMAN KODAK COMPANY
                                                                                                                     ROCHESTER N.Y.
                                                                                                                               U.S.A

 

 

 

Matériel de visualisation

 

     

 

     
 

                                           Lanterne magique à bougie
                                           Pyrénées-Orientales
                                           h 29  l 12 x 12  objectif  L 9,2  Ø 3,5

 

 

A priori, cette lanterne magique ne devrait pas être présentée dans cet article. Elle était utilisée pour projeter des dessins réalisés sur plaque de verre avec de la peinture. On peut la considérer comme un ancêtre du projecteur.

 

Le pantoscope, encore appelé "monocle stéréoscopique" (catalogue de la Manufacture de Saint-Etienne, 1910) ou stéréoscope permet de voir en relief des clichés doubles pris par des appareils stéréoscopiques : l'ancêtre de la "3D" !

                          

 

         
  Photos stéréoscopiques (documentation J.P. Blanchet)  

                            

 

     

 

 

     
                                          Pantoscope ou Stéréoscope
                                        Rhône
                                        27 x 17,5 x 7,7   loupe Ø 12,5  lentilles Ø 3,7

 
 

 
 

Nous terminons cette évocation de l'éclairage du laboratoire de photographie avec des filtres de grande dimension : 130 mm. S'agissait-il de filtres ou de disques colorés ? Sans doute sont-ils anciens car des bulles sont incorporées dans l'épaisseur. A quoi servaient-ils ? Peut-être pour des projecteurs de lumière colorée pour théâtre, music-hall, salle de danse…

   

 

         

 

       

 

Par cet article, nous souhaitons évoquer une part non négligeable de l'industrie du bassin stéphanois au XIXe siècle. Si l'industrie textile, les mines de charbon, la sidérurgie sont présentes dans les esprits comme des moteurs économiques de cette époque, il ne faut pas oublier ces entreprises consacrées à la photographie, au cyclisme, aux armes… qui ont largement participé au renom de notre région.

 

Dans les semaines à venir, nous allons continuer cet article avec deux chapitres consacrés, l'un, aux fabricants d'appareils photographiques du bassin stéphanois, l'autre à une collection privée d'appareils photographiques. Ces deux articles seront rédigés par ce collectionneur déjà cité, Jean-Paul BOUCHET. Nous le remercions sincèrement pour le travail qu'il a réalisé et les conseils qu'il nous a donnés.

Nous vous signalerons la parution de ces suites dans la rubrique "En bref" de la page d'accueil. N'hésitez pas à revenir dans cet article qui prend une ampleur que nous ne pouvions espérer au début de sa rédaction.

 

 

                                                                                                                                                 A suivre ...

 

Bibliographie

- Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, 1982.

- Catalogue de la Manufacture française d'armes et de cycles 1910, Editions du Pécari, 2003.

- Documentation J.P. Bouchet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                          A suivre...

 

 

 A.R.C.O.M.A.  NOS LANTERNES DU LABORATOIRE PHOTOGRAPHIQUE - INSTRUMENTS ANNEXES