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ACTUALITÉS 18

 

2 octobre 2020

 

 

Est-ce la Covid ? Est-ce la lassitude du temps qui passe et ne voit rien changer pour A.R.C.O.M.A. dont l'avenir est de plus en plus incertain ? Vingt ans d'activités, de recherches, de rencontres : "Tout ça pour ça". L'âge avance et le feu sacré diminue. L'ambiance n'est pas au beau fixe. Ce phénomène n'est pas propre à notre association. Nous le retrouvons dans de nombreux domaines, chez les retraités comme chez les actifs. Pour l'instant, il vrai que ce n'est plus comme avant. La faute à la crise sanitaire, très certainement. Mais pas seulement : décisions ou absence de décisions politiques, administratives, commentaires journalistiques de moins en moins crédibles, et de plus en plus de problèmes sociétaux insolubles…

Restons tout de même positifs. Nous exerçons toujours notre passe-temps "encore favori". Les Journées Européennes du Patrimoine ont mobilisé une grande partie des actifs de notre association avant, pendant et, espérons-le, après (il faut tout ranger). 157 personnes nous ont rendu visite. Un score correct compte-tenu de la vogue et de la Covid, mais qui ne reflète en rien le travail qu'il a fallu accomplir au cours des cinq mois précédents (environ 500 heures). Notre petit musée doit être réaménagé. Le manque de place est évident, mais nous devons faire mieux. Peut-être aurons-nous un jour le droit d'accueillir du public. Concrètement, cela nous parait possible ; légalement, cela ne l'est pas !

A ce sujet, une étude des lieux et des textes est d'ailleurs intéressante. Deux points sont mis en avant pour interdire l'accès à des visiteurs : l'ancienneté et sa situation en zone inondable.

Notre local est situé dans un bâtiment de la fin du XIXe siècle, les anciennes teintureries Gillet. Sa façade et ses toitures sont inscrites au titre des Monuments historiques depuis 1995. Certain(e)s  disent de celui-ci qu'il est vétuste et dangereux. Vraisemblablement (bien sûr, nous ne sommes pas des experts), il sera encore debout quand nous serons couchés définitivement ou en cendres depuis longtemps. La partie en tuiles des toits en shed a été refaite en grande partie, sinon en totalité (d'après l'artisan qui en a eu la charge). Par temps de pluie, l'eau peut passer par les toits en verre : cela ne va pas très loin et pour l'instant n'a provoqué aucun dommage sur notre matériel. A noter que ce bâtiment, dans sa partie inférieure, est divisé en halles qui font l'objet d'une location à des entreprises. Si celles-ci ne reçoivent pas de public ou de clients, il n'en reste pas moins que les risques humains pour l'ensemble de leur personnel n'est pas moins important que pour nous. La loi est, en fait, différente pour une association ou une entreprise. Autres constats concernant notre local : d'une part, il dispose de deux accès opposés, l'un donnant sur un chemin longeant le Gier, l'autre donnant dans une allée couverte, d'autre part les toits en shed permettent d'avoir une lumière naturelle, ce qui veut dire que les disjoncteurs électriques peuvent être relevés. Enfin, dans sa partie supérieure, tout aussi ancienne, siège une association qui fait régulièrement visiter ses collections.
Notre local est dans une zone dite inondable... qui, a priori, n'a pas été inondée de mémoire d'homme. Le "Plan de Prévention des Risques Prévisibles Naturels inondations du Bassin du Gier et de ses affluents" (PPRNPi http://www.loire.gouv.fr/le-plan-de-prevention-des-risques-naturels-a6268.html) a été approuvé par décret préfectoral le 8 novembre 2017. Dans sa série impressionnante de "VU" qui précède l'arrêté lui-même, on peut noter deux "abstentions" :

- Vu les avis réputés favorables, en l'absence de réponse du conseil municipal à la consultation dans un délai de deux mois, des conseils municipaux de… Saint-Chamond…

- Vu les avis réputés favorables, en l'absence de réponse du conseil municipal à la consultation dans un délai de deux mois, du Conseil départemental de la Loire, …, du Service Départemental d'Incendie et de Secours de la Loire…

Une autre façon de dire : "Qui ne dit mot consent".

Cet arrêté fait suite à un autre arrêté du 9 novembre 2009 prescrivant l'établissement de ce plan.

Nous reprenons ici quelques paragraphes significatifs du dossier approuvé.

La procédure menée pour l'élaboration du PPRNPi du Gier et de ses affluents a nécessité la réalisation des études hydrologique et hydraulique, des cartes d'aléas, des cartes d'enjeux, et des autres cartographies (informatives, hauteurs, vitesses, érosion), de 2008 à 2014.

Des études de ruissellement urbain particulières ont été réalisées sur les communes de Saint-Chamond, Rive de Gier et Givors en 2012.

Enfin en 2014, la Communauté Urbaine de Saint-Etienne Métropole, poursuivant sa démarche de réduction de vulnérabilité aux inondations dans le cadre du contrat de rivières, a fait réaliser sur la commune de Saint-Chamond des travaux permettant de réduire l’impact des inondations en cas de crue sur le secteur de Moulin Combat [donc à l'amont de notre local], à l’amont de la confluence du Gier avec le Janon.

…Modification des documents graphiques et des zonages pour prendre en compte un changement de circonstances de fait : ce changement dans les circonstances de fait peut par exemple résulter d’une nouvelle étude ponctuelle de nature à remettre en cause le classement d’une partie du territoire couvert par le PPRN, suite à une erreur de relevés topographiques ou pour prendre en compte le comblement d’une cavité souterraine, par exemple. Il convient de souligner que dans tous les cas, la zone concernée par la modification doit être limitée au regard du périmètre du PPRN, afin de ne pas porter atteinte à l’économie générale du plan. Cette procédure simple, sans enquête publique et avec modification du plan concerné, est rapide.

Les données hydrométriques du Gier sont connues grâce à 3 stations limnimétriques implantées à Saint-Chamond (station arrêtée en 1992), à l'aval de Rive de Gier et à l'amont de Givors. L'étude hydrologique réalisée par SOGREAH en 2009 est fondée sur une méthode composée d'une analyse régionale de la pluviométrie journalière et d'une relation probabiliste pluie-débit. Les données de la station de Saint-Chamond n'ont pas été exploitées dans la mesure où leur nombre est insuffisant et les crues de 2003 et 2008 n'ont pas été enregistrées.

PLU approuvé à St Chamond en 2013.

Risques et historique des crues : l'historique s'étend de 1684 à 2014. Si les villes de Rive-de-Gier et de Givors sont impactées très souvent, cela ne semble pas être le cas de Saint-Chamond qui n'est pas citée une seule fois dans le texte.

La création de la zone rouge centre urbain sur la commune de Rive de Gier et un secteur du centre-ville de Saint-Chamond permet notamment la reconstruction partielle, qui est admise pour pouvoir laisser la possibilité de réaliser des opérations de renouvellement urbain lorsqu’elles comprennent des prescriptions de non-vulnérabilité.

Pourquoi interdire l’extension de l’urbanisation en zone inondable ? Pour ne pas augmenter la population et les biens soumis aux inondations mais aussi pour permettre à la crue de stocker des volumes d’eau dans des secteurs non aménagés ou peu urbanisés. Ces secteurs jouent un rôle déterminant en réduisant momentanément le débit en aval et en allongeant la durée de l’écoulement. « Les Communes d’en dessous » recevront la crue moins vite et avec un débit moindre. Pour autant ces zones peuvent avoir une autre destination que l’urbanisation : sport, tourisme, loisirs.

Les prescriptions ont été élaborées en fonction de la crue centennale modélisée par l’étude. Ces prescriptions ne constituent pas une garantie absolue contre les dommages liés aux inondations, en particulier en cas de crue supérieure [Une autre façon d'ouvrir le parapluie : c'est le cas de le dire].

Le PPRNPi peut être révisé ultérieurement sur la base d'une évolution de la connaissance ou du contexte, dans des formes réglementairement prévues.

Nous aurions voulu consulter les 2 cartes de zonage de Saint-Chamond : en vain. Le fichier ne s'ouvre pas complètement. La partie visible dit seulement que le fichier peut ne pas s'ouvrir ! Par contre, il n'est pas signalé que ce fichier peut bloquer votre ordinateur : cela nous est arrivé 3 fois.

Les extraits cités plus haut montrent qu'il est possible de faire évoluer  le PPRNPi, ne serait-ce qu'en mettant en avant les travaux effectués et le fait qu'il s'agit d'une activité de loisirs.

Pour compléter le dossier, il convient donc d'évoquer les travaux qui ont été effectués en 2018 - 2019 sur le parcours du Gier (après ceux de 2014 signalés plus haut), pour un montant total de près de 9 millions d'euros. Les premiers, à Saint-Chamond, au niveau et en aval du bâtiment que nous occupons, avec un élargissement du lit du Gier : "L'opération a permis de supprimer les débordements du Gier jusqu'à la crue centennale"; les deuxièmes en aval, entre Saint-Chamond et Rive-de-Gier, au niveau de la levée de la Platière : "L'objectif principal de l'opération est ainsi de niveler le parc, pour en faire un champ d'expansion des eaux lors des crues". Ces deux précisions sur l'action attendue des travaux sont données dans la revue de Saint-Etienne Métropole n°6 de décembre 2019. Dans ce même magazine, on peut lire "Entre la période 1964 – 1994, et la période 1995 – 2018, le volume d'eau annuel du versant a diminué de 25 %. Ce qui était une année sèche il y a 25 ans est une année normale aujourd'hui". Bien sûr, cela ne signifie pas que le niveau de l'eau est de plus en plus bas. Des pics de niveau d'eau sont toujours possibles. On vient de le voir dans les Alpes-Maritimes avec cette catastrophe dans la vallée de la Vésubie. La météo nationale avait mis ce département en zone rouge ; l'avertissement n'a pas suffi…

De notre côté, il nous semble évident que notre présence et celle d'un public dans ces locaux pourraient se révéler sans danger si elles sont limitées à des périodes de sécheresse ou d'un niveau défini du Gier, tout risque pluviométrique important interdisant l'accès, par sécurité. Au mois de juillet dernier, un orage très violent s'est abattu sur Saint-Chamond. Le quartier de notre local n'a pas été impacté. Il n'en a pas été de même d'une rue très fréquentée de notre ville, comme le montre cette photographie prise sous le pont du chemin de fer, en un point où se retrouvent les eaux de ruissellement de la voie ferrée (on voit les chutes d'eau qui en proviennent) et de quatre avenues en forte pente desservant les 3 établissements scolaires les plus importants de notre ville. Faut-il interdire l'accès à cette voie ?

 

   

 

Dernière remarque, notre local, de nombreuses habitations et des entreprises se trouvent en aval de deux barrages situés à environ 2 – 3 km. Les murs de ceux-ci font évidemment l'objet de contrôles permanents et leurs structures sont sans doute parfaitement adaptées à la composition géologique du lieu. Mais les plus anciens d'entre nous se souviennent sûrement du barrage de Malpasset, à Fréjus…

Que conclure ? Ce n'est pas à nous de décider. Nous n'en avons ni les compétences, ni l'autorité. Simplement, nous pensons que nos élus de Saint-Chamond, de Saint-Etienne-Métropole, voire notre préfète, pourraient demander une révision de ce PPRNPi après les travaux qui ont été réalisés et qui sont susceptibles de modifier la donne. Le réchauffement climatique montre aussi la diminution du débit moyen de nos rivières sans que l'on puisse exclure des pics de niveau. Le risque "zéro" n'existe pas, une expression souvent utilisée par nos politiques (encore un parapluie) Pour autant, faut-il bloquer une situation à cause d'un rapport incomplet sur notre ville et qui devrait évoluer avec les conditions climatiques ? Il va de soi que, pour nous, ce serait un moyen d'avoir pignon sur rue, d'être davantage connus (au cours des JEP, nous avons constaté qu'un visiteur sur dix avait entendu parler d'ARCOMA alors que notre association existe depuis 20 ans et a réalisé localement plus de 40 expositions), d'attirer éventuellement des adhérents plus jeunes qui prendraient le relais et apporteraient de nouvelles idées. A suivre !?

 

Autre actualité : la réalisation d'un musée à Saint-Chamond. Nous ne constatons aucune avancée. La dernière réunion date du 24 juin. Depuis, c'est le silence total. Nous ne savons toujours pas ce qui sera exposé, quelle sera la participation des associations concernées. Bien sûr, la crise sanitaire n'arrange rien, mais elle est loin de tout expliquer. Nous sommes très pessimistes. L'élu responsable du patrimoine historique et industriel n'est d'ailleurs guère encourageant. Dans le dernier magazine de la ville, il déclare "…Cela permet aussi de montrer l'importance que revêt la préservation du patrimoine pour la municipalité. Un intérêt qui se matérialisera, je l'espère, par la création d'une Cité de la mémoire industrielle".

 

Dernier point, le site. Après une nette augmentation durant le confinement, le nombre de visiteurs a chuté à partir du mois de mai. Il revient à ses chiffres antérieurs depuis le début du mois de septembre, soit autour de 110 par jour. Plus étonnante est l'origine des internautes : 66 pays identifiés, au minimum 3 autres pays non identifiés par notre logiciel (langue inconnue, anglais, espagnol) et 3 territoires français d'Outre-mer. Cela confirme une fois de plus que "Nul n'est prophète en son pays".

A bientôt, en espérant pouvoir vous donner de meilleures nouvelles.