PAYS DU GIER

 

 

HISTOIRE DES VANNIERS

 

 

 

Encore un métier oublié par nos historiens locaux. Tout au plus parlent-ils des cages aux barreaux d'osier, de paniers ventrus. Et pourtant des vanniers, il y en eu certainement dans notre Pays du Gier. Au début de notre ère, le fond de la vallée est un marécage propice à la pousse de l'osier. D'autres espèces végétales peuvent être utilisées comme le saule, le châtaignier, le noisetier… En fait, ce métier est exercé comme celui de mineur, de cloutier, en saison froide et morte, par les paysans eux-mêmes. Rien ne dit qu'il y eut des artisans spécialisés, soit ambulants, allant de région en région suivant les saisons, soit sédentaires.

Comme nous le faisons pour d'autres "petits métiers", nous devons donc nous contenter d'évoquer quelques traits caractéristiques de ce métier.

Son histoire remonte sans doute aux origines de l'homme, même si nous n'en avons pas la preuve : le matériau ne se conserve pas. On en retrouve chez les Egyptiens : le vannier fabrique le van. Cette activité donnera bien plus tard dans notre civilisation les termes de vanneur, vanier, vanetier, puis, suivant l'objet fabriqué, corbeilliers, corbelleur, corbelinier, corbillonier, corbisier, panelier… Il semble qu'une corporation existe en Arles dès le XIIIe siècle. La profession n'est réellement organisée qu'en 1467 par Louis XI, à la demande des artisans eux-mêmes. Dans ces statuts, les maîtres-vanniers signifient au roi que "de toute ancienneté et dès si longtemps qu'il n'est pas mémoire du contraire", ils ont vendu des objets "appartenans au faict de quinquaillerie et qui sont des appartenances d'aucuns autres métiers". Parmi ces objets, retenons les cerceaux, les lanternes, les berceaux, les quenouilles, les cribles, les pelles, les fléaux, les faucilles, les écuelles… Cette appellation de quincailler leur reste, même après la création de la corporation de ces artisans. Dans d'autre monographies - ferblantier, serrurier -, nous évoquons ce nouveau métier de quincailler.

Les maîtres-vanniers se répartissaient dans 3 classes :
- les maîtres vanniers-mandriers ou mandeliers, fabriquant "les ouvrages d'osier blanc ou vert qui ne sont point à claire-voie", sauf les vans et les hottes à vin.
- les maîtres vanniers-cloturiers ou closiers, fabriquant les vans et les hottes à vin.
- les maîtres vanniers-faissiers, fabriquant la vannerie, en général, et en particulier les corbeilles à fromage : faissel, foisselle, fisselle.

Au niveau du compagnonnage, la corporation est au 17ème rang. Parmi les obligations des maîtres, il faut citer celle d'installer l'atelier à une lieue et demie au moins de toute forêt. Le métier devient libre en 1776. La guerre de 14-18 a une influence sur le travail des femmes qui doivent se contenter jusqu'alors d'émonder, d'écorcer l'osier, d'effeuiller les cannes. Le manque de main d'œuvre masculine leur permet de réaliser elles-mêmes des objets en vannerie.

Le vannier tresse – on pourrait dire tisse – des fibres végétales. En premier lieu, il s'agit d'osier qui provient de zones humides. On en distingue plusieurs variétés : suivant la région, l'artisan vannier ou l'écrivain historien, les appellations sont sujettes à caution. L'osier rouge, fin et souple, pour les petits objets, n'est pas toujours cité ; l'osier jaune ou vert peut être aussi dit noir pour les grosses pièces. L'osier gris ou blanc est constitué de jeunes branches de saules ou d'osier vert écorcé ! Difficile de s'y retrouver. A défaut, l'artisan utilise la bourdaine, le noisetier, la paille et, plus récemment, le raphia et le rotin. Châtaignier, chêne, frêne, orme servent à faire l'armature et la bordure à laquelle se rattache l'anse, pour un panier. La récolte se fait à l'automne, en fonction de la lune, pour une meilleure conservation. L'exposition au soleil donne des bois très durs, alors qu'exposés au nord, ils sont plus flexibles.

En ce qui concerne la technique elle-même, nous conseillons au lecteur de s'informer dans des documents spécialisés !

Les objets réalisés répondent aux exigences de divers métiers : van et épouvantail à moineaux du cultivateur, hotte, dame-jeanne, porte-bouteille du viticulteur, ruche d'apiculteur, plate du mineur, panier, cage pour les produits du jardin et de la basse-cour, banneton et corbeille à pain pour le boulanger, égouttoir pour le fromager, malle pour le voyageur, berceau, fauteuil, table et corbeille à linge pour la maîtresse de maison, caisse pour carrossier (véhicules hippomobiles et automobiles), objets de décoration pour la maison.

Certaines régions ont des demandes bien spécifiques : paillon à bouteilles dans les régions viticoles, bourriches d'huitres pour les régions ostréicoles, nasses de pêcheur, paniers à fleurs à Grasse…

Quel avenir pour ce vieux métier ? A priori, il n'est pas près de disparaître. Les sacs en plastique seront bientôt interdits. Quel est l'avenir des sacs biodégradables ? On retrouvera encore longtemps sur nos marchés des étales proposant paniers, porte-bouteille, chaise, fauteuil, chapeau de lampe… La liste est longue. Seule question : ces produits sont-ils encore le fruit d'un artisanat local ou d'une industrie européenne, voire asiatique ?

 

Chez le cultivateur "céréalier"

   

 

 

Chez le viticulteur

       


 

 

 

Chez la fermière                  

       
 

                                               

     

 

 

Chez le boulanger

   

 

 

Chez l'apiculteur

   

 

 

Chez la fleuriste (récent)

   

 

 

A la maison (récent)

   











 

 

 

Bibliographie

     - Bernard Plessy, La vie quotidienne en Forez avant 1914, Ed. Hachette 1981

     - Bernard Henry, Des métiers et des hommes, Editions du Seuil, 1975

     - Hervé Chopin, Métiers d'antan, HC éditions, 2010

     - Daniel Boucard, Les outils taillants, éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2000

 

 

FIN