MARÉCHAL-FERRANT

 

VÉTÉRINAIRE

 

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INSTRUMENTS DE SOINS DIVERS

 

 

Nous allons nous intéresser dans ce dernier chapitre consacré aux deux métiers de maréchal et de vétérinaire à des instruments utilisés pour des soins dispensés autrefois par le maréchal-ferrant, passés aujourd'hui dans les mains du vétérinaire ou, tout simplement, disparus, remplacés par d'autres thérapeutiques.

 

L'enseignement de M. de Garsault nous montre l'évolution des traitements et, donc, des instruments, entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle. Nous allons en donner quelques exemples dans les lignes qui suivent.

Les soins du cheval nécessitaient quelques instruments pour le confort de l'animal ou pour la sécurité du maréchal.

Pour le confort du cheval, le palefrenier ou le propriétaire du cheval utilisait un chasse-mouches ou émouchet constitué d'une queue de cheval emmanchée.

 

   
                               Emouchet
                             Loire
                             L 38   poignée 8
 

 

 

Immobilisation du cheval

Pour la sécurité du maréchal-opérant, le cheval peut être attaché dans un travail.

  

   

 

 

Il peut être également "abattu" grâce à une "platte longe" passée sur le garrot et fixée à un anneau.

 

   

 

 

Plus simplement, le cheval peut être immobilisé par des entraves :

 

   
 

                                               Entraves
                                               Loire
                                               L 65

 

 

 

   
 

                                   Entraves
                                   Loire
                                   L 150

 

 

 

 

TRAITEMENT LOCAL

 

Ouverture des plaies, des abcès…

En ce XVIIIe siècle, les plaies sont souvent les conséquences des guerres : coup de sabre, balles de fusil. Le maréchal-opérant dispose de quelques instruments coupants qui lui permettent d'ouvrir plaies et abcès pour les soigner plus profondément : lancette, bistouri, feuille de sauge.

La lancette "sert à ouvrir des tumeurs, abscès, &c."

   
 

                             Lancette
                             Isère         175
                             L 14 lame 5 x 2

 

 

"Le bistouri est un petit couteau à un ou deux tranchans servant à couper dans le pied, dans les chairs, &c."

 

   
 

                                                 Bistouri (lame fabriquée dans une lime)
                                                 Pyrénées orientales
                                                 L 21   lame 11 x 2   manche 10

 

 

"La feuille de sauge qui est un bistouri à deux tranchans, un peu courbé d'un côté sur son plat, sert à couper dans les endroits un peu enfoncés, comme au-dedans du pied, &c."

 

   
 

                                     Feuille de sauge
                                     Loire
                                     L 19   lame 7 x 1,5   manche 11,5

 

 

 

Seringuer

Il peut arriver que les plaies soient très profondes et que le bistouri ne permette pas d'en atteindre le fond. On utilise alors une petite seringue en étain :

"La seringue à injections, est pour injecter dans les plaies ; elle a ordinairement trois bouts, un droit percé d'un trou, un droit percé de plusieurs petits trous et un courbé."

"Il se trouve souvent des endroits, où il n'est pas libre de faire des incisions convenables, il faut pour lors se servir des injections en seringuant des compositions, telle que celle qui suit" : eau-de-vie, eau de forge de Maréchal, eau commune et miel.

Pour les plaies très profondes du garrot, après avoir enlevé la matière putride, "il faudra seringuer dedans de l'eau d'arquebusade ou de l'eau de boule vulneraire plusieurs fois le jour."

 

   
 

                                       Seringue
                                       Rhône
                                       L 22   réservoir 11 x 2,5

 

 

 

Cette ouverture des plaies précède ou suit différents traitements, médicamenteux ou non, locaux ou généraux.

 

Si l'on veut appliquer des drogues chaudes, on utilise pour les faire fondre ou les chauffer une cuillère de fer.

 

   
 

                                 Cuillère de fer, à deux becs verseurs (terminologie de M. de Garsault)
                                 Loire
                                 L 53   diam. 17

 

 

Nous ne pouvons affirmer que notre maréchal utilisait cette "cuillère de fer" pour chauffer les médicaments, même si les substances qui s'y trouvaient, desséchées, pouvaient faire évoquer cette possibilité.

En dehors des pansements, des compressions contre l'hémorragie, des pommades, des onguents, le traitement local le plus utilisé est le feu.

Les traitements généraux font appel à trois procédés : absorption par la bouche, injection par le "fondement" et la saignée.

 

 

"Donner le feu"

Si certains sont prêts à "Allumer le feu" pour le chanter, le maréchal-opérant l'allume pour "Donner le feu". Il se sert de cautères, les couteaux ou boutons de feu, réalisés le plus souvent en fer. Le cheval est, de préférence, immobilisé comme on l'a vu précédemment.

"…il vaut mieux chauffer les couteaux & boutons avec du charbon de bois, qu'avec du charbon de terre, parce qu'il est moins âcre ; que les couteaux ne soient pas flambans, ils feroient une trop grande escarre ; on les applique seulement rouges, il vaut mieux y revenir à plusieurs fois ; que le feu soit donné légèrement, c'est-à-dire, qu'il ne faut pas trop appuyer la main, & arrêter quand on voit la couleur de cerise qui est la vraie marque ; qu'on a assez brûlé sans percer la peau ; il le faut donner le plus qu'on peut, en biaisant le sens du poil, parce qu'ensuite le poil recouvrira la raye."

"Les rayes qu'on trace avec le couteau de feu sur la partie, forment différentes figures suivant l'intention qu'on a, on appelle ces figures pâte d'Oye, fougère, plume, palme… Les trous qu'on fait avec le bouton de feu s'appellent pointes de feu, & forment si on veut la figure d'une rouë, ou telle autre qu'on veut."

On utilise les cautères au niveau des jambes, des boulets, des jarrets, des hanches et des épaules. L'effet du feu dure ordinairement vingt-sept jours, mais le résultat attendu peut n'apparaître qu'au bout de six mois…

A cette époque, les antibiotiques n'existent pas. Tout au plus se sert-on d'eau-de-vie en guise d'alcool. Le feu est, donc, utilisé pour brûler les chairs malades, les aseptiser. Les indications sont nombreuses :

- arrêt des hémorragies lorsque la plaie est profonde après une compression, avant une ligature ;
- traitement de la carrie osseuse profonde ;
- pour les plaies du garrot avec " foulure & playe accompagnées de filandres, os de graisse, chair pourrie et os carriés…il faudra redoubler la saignée, puis panser l'os avec le feu en brûlant la carie" ;
- pour les playes du boulet : "Il ne faut jamais donner le feu qu'à l'endroit malade seulement & tout d'abord" ;
-
dans l'atteinte : Un Cheval se donne une atteinte, lorsqu'avec la pince du fer de derrière, il se donne un coup sur le talon du pied de devant… si le trou est sur la couronne & est profond, il faut passer dessus le fer ardent.
-
dans les seimes ou quartes : "Ce qu'on appelle seime ou quarte, est une fente de la corne, depuis la couronne jusqu'au fer, qui coupe le quartier en deux, en ligne droite de haut en bas : cette fente s'ouvrant, quand le Cheval met le pied à terre, donne lieu à la chair du dessous de la corne, de s'avancer en cet endroit, puis le Cheval relevant le pied, & la fente se resserrant alors, elle pince la chair avancée, quelquefois en tire du sang, mais toujours fait douleur au Cheval & le fait boiter… Le remède le plus reconnu & le plus sûr pour ce mal, est le feu" ;
-
dans les ulcères de la bouche : "l'endroit de la barre sur lequel porte le mors, se trouve contus ou entamé ..; si la fistule est encore intérieure, & qu'elle n'ait pas percé l'os : il s'agit de la brûler en dedans par le feu…Que si la fistule pénètre, & se fait voir en dehors par un trou à la barbe, il n'y a point d'autre remède qu'un bouton de feu…".

 

 

   
                                     Couteaux de feu
                                   Loire
                                   1 L 41       2 L 42       3 L 40       4 L 55       5 L 39  
 

 

 

   
 

                                               Boutons de feu
                                               Loire
                                               1 L 42   pointe 11     2 L 53   point 7

 

 

 

   
 

                     Boutons de feu
                     Loire
                     1 L 47   pointe 8    2 L 46   pointe 6     3 L 43   pointe 8     4 L 43   pointe 6

 

 

 

TRAITEMENT GENERAL

 

Traitement par voie orale

M. de Garsault utilise essentiellement la corne de vache dont l'extrémité effilée a été coupée, ce qui en fait un entonnoir. Le cheval peut-être mis dans un travail, la tête orientée vers le haut, la bouche maintenue ouverte par un pas d'âne. "Alors on monte sur une chaise ou sur un escabeau, & on se sert de la corne de vache de deux manières ; scavoir on la met dans la bouche par le petit bout, & avec le pot qu'on tient de l'autre main, on verse du pot dans la corne à plusieurs reprises, ou bien après avoir bouché le petit bout de la corne, on la remplit de ce qu'elle peut tenir de breuvage, & on la renverse dans la bouche …"

La corne de vache a été remplacée par le mors du vétérinaire, déjà présenté dans le chapitre 2.

 

   
 

                                                   Mors de vétérinaire ou à potion
                                                   Eure
                                                   L 34   l int. 18   réservoir 17 x 7

 

 

Ce mors est composé de 3 parties principales :
   - l'anneau supérieur (1) qui permet d'attacher l'instrument, à l'aide d'une corde, au plafond ou à une hauteur suffisante pour que la tête du cheval soit orientée vers le haut lorsque le mors est en place ;
   - le réservoir à potion (2) ;
   - un mors creux et percé (3) qui est maintenu dans la bouche du cheval et par lequel s'écoule la potion.

 

 

Traitement par le "fondement"

En d'autres termes, il s'agit du lavement ou du clystère. Cette médication est à la base du traitement de très nombreuses maladies, tant chez l'homme que chez le cheval. Que l'on soit roi ou manant, tout le monde y passe quel que soit le mal dont on souffre, ou presque. Les modalités sont décrites par le détail par M. de Garsault. En voici quelques extraits : "… après avoir mis son bras à nud jusques au dessus du coude, on rassemble ses cinq doigts en pointe, & on fourre ainsi la main & le bras dans le fondement : on tire dehors toute la fiente qu'on trouve dans le boyau, ce qui s'appelle vuider ou curer le cheval ; ou bien si on ne veut pas se servir de son bras, on mettra dans le fondement un morceau de savon gros comme un œuf, qu'on frottera d'huile pour l'aider à entrer ; une demie-heure après, le Cheval se vuidera de lui-même. On se sert pour donner le lavement, ou bien d'une corne de bœuf, dont on introduit le petit bout dans le fondement, ou d'une grande seringue, faite comme celles des hommes, excepté qu'il faut que la canule ait un trou gros comme le pouce…Si vous vous servez de la corne…Si le lavement n'entre pas bien, on remue la langue du Cheval, & on frappe de petits coups sur les roignons avec la main platte, & il entrera."

On se sert volontiers du lavement en complément de traitement des plaies, notamment lorsque le cheval a de la fièvre : ce sont des lavements rafraîchissans."

La dose ordinaire de décoction injectée est de deux à trois pintes (de Paris, vraisemblablement), soit entre 2 et 3 l environ.

Nous vous présentons deux seringues en étain pour clystère d'animal.

 

   
 

                             Seringue à lavement
                             Rhône
                             L 58   réservoir 35 x 7,5 soit, environ, 1,5 l

 

 

 

   
 

                           Seringue à lavement
                           Loire
                           L 58   réservoir 35 x 7,5 soit, environ, 1,5 l

 

 

 

Traitement par saignée

Sans doute, la saignée est-elle le traitement le plus employé en ce XVIIIe siècle, pour l'homme et les animaux. "Les maladies aiguës, surtout celles qui attaquent le cerveau, ont besoin de fréquentes saignées pour dégorger les vaisseaux, & donnant un libre cours au sang, le mettre en état de chasser par transpiration l'humeur qui le fait fermenter & qui feroit incessamment dépôt dans quelque partie intérieure."

Le protocole préparatoire est bien établi : "Quand le mal vous donne le tems, ou que vous voulez saigner par précaution, faites manger du son la veille ; que le Cheval ne mange ni ne boive trois ou quatre heures avant la saignée, ni deux heures après ; laissez-le en repos la veille, le jour de la saignée & le lendemain ; cependant vous pouvez enfreindre toutes ces règles sans danger dans tous les cas où il faudra saigner précipitamment. Il faut régler les saignées, c'est-à-dire, scavoir la quantité de sang qu'on tire ; & comme une pinte d'eau occupe l'espace de deux livres de sang, sur ce pied-là le Maréchal aura des mesures & plus & moins grandes pour recevoir le sang : on fait ces mesures de fer blanc, avec un manche ; elles lui serviront encore à voir si le sang est noir & échauffé, ou jaune et bilieux, ou boueux et épais, ce qui peut donner quelque léger éclaircissement pour le mal. On saigne au col avec la flamme : c'est le seul endroit où l'on puisse faire la ligature."

Si le col est le lieu privilégié pour réaliser de grandes saignées sans risque pour le cheval, bien d'autres endroits sont utilisés, a priori sans raison valable : aux veines des tempes et aux larmiers avec la lancette, sous la langue avec la lancette, au travers de la cloison des deux "nazeaux" avec une alêne, un poinçon ou un clou, au palais avec une lancette, aux ars (veines du bras) ou aux plats des cuisses ou aux veines du flanc avec la flamme ou la lancette, à la queue avec la lancette, aux pâturons avec la lancette.

Le volume de sang retiré est de 1 à 2 litres.

Quant aux maladies pour lesquelles la saignée est utilisée, la liste en est très longue, avec, chaque fois, les motifs de l'utilisation de la saignée :
- pour une plaie simple superficielle : pour "empêcher le sang & les humeurs d'abonder dans la playe, ce qui se fait au moyen de la saignée plus ou moins réitérée selon la conséquence de la playe ; la saignée se fait tant pour détourner l'hémorragie, que pour ôter le danger de la fièvre qui est toujours amenée par l'inflammation & le dépôt qui pourroit se faire, ce que la saignée prévient… ce sera donc la saignée qui préviendra en diminuant le volume du sang, son accumulation,& par conséquent le gonflement,, l'inflammation & la douleur"
- "pour remédier à la gangrene, aussi-tôt qu'on s'en aperçoit, il faut commencer par saigner ; ensuite, il faudra scarifier ou couper tout l'endroit gangrené…Si on scarifie ; c'est-à-dire, si on donne des coups de lancette de distance en distance…"
- "pour guérir les chancres ou cancers : il faut, premièrement, la saignée & la diète…"
-
pour le chancre rongeant la langue : "si on lui trouve, il faudra commencer par saigner le Cheval."
-
pour les plaies du garrot avec enflure et inflammation, "il faut commencer par saignée deux fois pour prévenir l'abondance des humeurs sur la partie."
-
pour les plaies du boulet :"il faut d'abord saigner beaucoup, coup sur coup, tant pour diminuer la douleur que l'inflammation qui la cause ; il faut mettre le Cheval au régime, ne lui point donner d'avoine, mais du son, de l'eau blanche & force lavemens."
- pour les nerferrures, c'est-à-dire les blessures faites au nerf de la jambe :"Si la nerferrure est considérable, & qu'il y ait de grandes douleurs, il sera nécessaire de saigner, de peur qu'il ne se fasse une fluxion sur les tendons, mettre le Cheval à la diète & le laisser au repos". "Si l'atteinte est considérable, il faut avant tout faire une saignée au Cheval."
-
si le pouls bat trop vite, "la saignée est une des opérations les plus communes."

 

Et l'on pourrait continuer très longtemps de la même façon.

Deux instruments sont cités à plusieurs reprises : la lancette, que nous avons vue plus haut et la flamme. Celle-ci ne sert que pour la saignée. Il en existe habituellement trois tailles, réunies dans un étui souvent en laiton. A ces flammes sont ajoutées, parfois, bistouri et reinettes.

 

   
                                         Flamme, avec bistouri
                                       Pyrénées orientales   S
                                       Fermé : 12 x 1  
 

 

 

   
 

                     Flamme, avec bistouri
                     Pyrénées orientales     BELTANTE
                     Fermé 11,3 x 1,3

 

 

 

   
 

               Flamme, avec 2 bistouris, 1 reinette
               Pyrénées orientales     DUVERT FRERES
                                                     COUTELLERIE
                                                     THIERS – P
DE D
              
Fermé 11 x 1,4

 

Après avoir mis en place la corde à saigner (garrot) pour faire grossir la veine jugulaire, "on pose alors la pointe de la flamme en biais sur cette veine à quatre ou cinq doigts de l'os de la ganache… voici donc comme la flamme entre : Vous avez une petite masse, ou vous vous servez du manche du brochoir, avec lequel vous donnez un coup raisonnable sur le dos de la flamme ; elle entre, vous la retirez sur le champ, & le sang sort : une maxime générale, c'est de faire une grande ouverture pour l'évacuation du sang ; car la saignée en est plutôt faite, & il vient plus rarement du mal à l'endroit piqué : si le sang ne coule pas en arcade, on fait mâcher quelques chose de dur au Cheval, ou on lui prend doucement la langue ; cela fait remuer la mâchoire & jaillir le sang…"

 

 

TRAITEMENT DES "TRANCHEES DE VENT" ET DE LA METEORISATION

Les tranchées de vent, pour les chevaux, et la météorisation, pour les bovidés (et bien d'autres animaux), résultent toutes les deux d'une consommation excessive d'aliments : grains d'avoine, féveroles pour les premiers, trèfle ou luzerne pour les seconds. Cela se traduit par des douleurs abdominales et l'apparition de gaz par fermentation au niveau de l'estomac.

Pour le cheval, après l'habituelle saignée, le maréchal procède à un lavement :"si le Cheval n'est point enflé, un simple lavement pourra le guérir ; s'il étoit enflé, il lui faudrait force lavemens carminatifs."

A cet effet, plusieurs mélanges sont proposés : huile, eau-de-vie, cristal minéral, ou miel écumé, thériaque, ou encore sel et vin.

Pour les bovidés, malgré la complexité de leur estomac, on peut penser qu'un traitement similaire pouvait être actif, même si le trocart existait depuis très longtemps. Il semble que ce n'est qu'au XIXe siècle que cet instrument a été utilisé couramment par les vétérinaires.

Constitué d'un poinçon contenu dans une canule, le trocart est enfoncé dans l'estomac, à travers la peau de l'animal. Le poinçon est ensuite retiré de la canule qui sert de tuyau d'évacuation des gaz.

 

   
 

                                                           Trocart
                                                           Loire
                                                           L 30   poinçon 19   canule 17

 

 

 

     

 

 

 

CASTRATION

La castration peut être faite soit par nécessité (tumeurs), soit par intérêt. Dans ce dernier cas, on recherche soit la tranquillité (un bœuf est moins agressif qu'un taureau !), soit l'augmentation de la masse musculaire pour la boucherie.

L'intervention se fait entre 18 et 24 mois chez le cheval, vers le 4ème mois chez le veau, quelques mois avant leur abattage chez la vache, à 1 ou 2 mois chez le mouton mâle et le porcin.

Là encore, les techniques et les moyens ont bien évolué depuis que M. de Garsault a réalisé son ouvrage. A cette époque, la castration se fait par ablation des testicules après ouverture des bourses avec un bistouri. Pour les femelles, il n'est fait allusion qu'à la façon de les "boucler" avec une grille ou des anneaux : il s'agit d'une contraception, non d'une castration.

Depuis, sont apparues des pinces qui compriment le cordon testiculaire. Les testicules ne sont alors plus irrigués par le sang : le manque d'oxygène provoque leur atrophie. C'est le cas de la pince de Burdizzo et Reggiani :

 

   
 

                                                      Pince à castrer
                                                      Puy-de-Dôme              ….. per CASTRA
                                                                                                     DOTI.
                                                                                                 IMBURDI…
                                                                                                   ITALIA
                                                                                           (une tête de bœuf)                                                                                                N BURDIZZO
                                                                                         LA M.RRA (ITALIA)
                                                      
L 36

 

 

 
Autre pince pour castrer les mâles :                      

 

   
 

                                     Pince à castrer
                                     Corrèze                   BOURGUIGNON
                                    
L 30

 

 

Information complémentaire transmise par le Dr. Urs JENNY, curateur du Musée de la Médecine Vétérinaire à la faculté VetSuisse de l'Université de Zürich : il s'agit d'un émasculateur Reymers pour castrer les étalons, trouvé dans Instruments de Chirurgie Morin , Avenue Bosquet, Paris-VII 1965.

Et, enfin, une pince, plus récente, à castrer les vaches :

 

   
 

                Pince à castrer ou ovariotome
                Loire
                L 70

 

 

Le Dr Urs JENNY nous donne ces précisions :

Cette pince à castrer est un „Ovariotome de Hess-Bertschy“ pour castrer des vaches, trouvé dans le même catalogue. Au commencement du 20ième siècle, on a fait cette opération chez les vaches infertiles pour sauver leur possibilité de donner beaucoup de lait pendant quelque temps. Aujourd’hui cette opération a disparu.

Un grand merci au Dr. Urs JENNY pour son intervention.

Ainsi s'achève ce dossier du Maréchal grossier, -ferrant, -opérant et du Vétérinaire. Sans M. de Garsault, nous aurions eu beaucoup de mal à donner des explications correctes. Il est intéressant de voir la différence de conception des ouvrages de M. de Solleysel et de M. de Garsault. Si le premier de ces deux spécialistes de la maréchalerie est considéré comme le créateur de la médecine vétérinaire moderne, le deuxième est, à notre avis, le premier enseignant moderne de l'art du maréchal et du vétérinaire. Sans juger du contenu médical et pharmaceutique – nous en sommes bien incapables -, nous en voulons pour preuve la présentation de l'Index et de la Table des matières que ne pourrait renier un scientifique de 2015.

Nous avons fait appel très souvent aux écrits de M. de Garsault, peut-être trop pour certains. Nous pensons que c'était la meilleure façon d'éclairer notre sujet. Tous les textes en italique ont été recopiés scrupuleusement, en tenant compte de la ponctuation, de l'orthographe. Seuls les "S" n'ont pu être écrits comme ils l'étaient au XVIIIe siècle pour un problème technique évident.

Comme toujours, nous accueillerons avec plaisir vos réactions, vos critiques…

 

 

 

FIN

 

 

A.R.C.O.M.A. NOS INSTRUMENTS ANCIENS DE MARECHAL-FERRANT VETERINAIRE 5