LES MÉTIERS DE LA PIERRE

 

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MEULIER  ET RHABILLEUR DE MEULE

 

 

 

Ce chapitre 3 des Métiers de la pierre porte un titre bien long, mais il est très court.

Trois raisons à cela : d'une part, ces artisans disposent de peu d'outils, d'autre part notre association n'a pas su acquérir certains outils, comme la mailloche du rhabilleur de meule. Enfin, notre région ne semble pas avoir été un grand producteur de meules, même si une ville en garde les traces dans son nom : Roche-la-Molière, dans la vallée de l'Ondaine, où plusieurs carrières étaient exploitées donnant, une fois de plus, du grès houiller dont la fragilité ne permettait pas forcément l'utilisation dans les moulins à farine. L'origine de ce nom est même discutable.

Le centre français, pour ne pas dire mondial, de la production de meules est en Brie, à la Ferté-sous-Jouarre. La pierre est à la surface même du plateau. Au début de l'exploitation de ces carrières, il est possible de fabriquer des meules monolithes. Cette production se raréfie et, dès 1834, il n'est possible d'en produire que 5 ou 6  par an.  La difficulté de réaliser ce type de meule incite les anglais, dès le XVIIe siècle, à produire des meules composites composées de plusieurs carreaux taillés, parfois en pierre de nature différente. Le transport en pièces détachées est beaucoup plus facile. Les français de la Ferté reprennent ce principe au début du XIXe siècle en traçant sur chaque meule des rayons pour améliorer le moulinage. A cause de ces échanges d'idées de part et d'autre de la Manche, ces meules seront dites françaises en Angleterre et anglaises en France.

Suivant son utilisation, la meule est constituée de différents matériaux : pierre meulière – c'est celle qui nous intéresse -, mais aussi fer, acier, grès, étain, bois.

Les fabricants de meules pour affûtage et aiguisage utilisent du grès qu'ils taillent à l'aide d'un marteau de type grain-d'orge dont les dents, bloquées par une clavette, sont facilement amovibles pour être affutées. C'est le peigne à grès.                                          

 

   
 

                                                  Peigne à grès
                                                  Sarthe      W W
                                                  L 44 dont poignée 26   L dents 21

 

 

 

Nous avons vu que les meuliers français avaient amélioré l'efficacité des meules à farine en creusant sur celles-ci des rayons dans lesquels les grains de céréales se glissent avant d'être broyés. Le frottement des deux meules provoque une usure de ces rayons qu'il faut donc refaire régulièrement. C'est le travail du rhabilleur de meule, remplacé souvent par le meunier lui-même qui est également propriétaire des nombreux marteaux indispensables. Nombreux, mais identiques ; nombreux parce qu'ils s'usent rapidement et nécessitent un passage à la forge, autant de temps perdu pour produire la farine. Le forgeron intervient donc entre deux rhabillages, et non pendant le rhabillage.

Les deux marteaux utilisés ont des tranchants très proches. La différence réside dans le manche. La mailloche possède une tête trouée dans laquelle vient s'insérer un taillant emboîté de force ou maintenu par une vis de fixation : notre association n'en possède pas. L'autre marteau, classique, est constitué d'un taillant double emmanché en son centre.

 

 

   
 

                                            Marteau
                                            Loire
                                            Fer L 29   tail. 2,7 

 

 

 

 

   

 

     
 

                                       Marteau
                                       Loire         (  )      (  )
                                       Fer L 14   tail. 2,6   manche 23

 

 

Sous le fer, à la base du manche, on note la présence de deux marques cruciformes.

 

 

   
 

                                          Marteau
                                          Loire
                                          Fer L 19   tail. 3,5   manche 29

 

 

 

Pour terminer ces 4 chapitres sur les métiers de la pierre, nous joignons un extrait du catalogue des années 1980 de la Forge des Trois-Ponts, société des établissements C. BELLIN, située au Chambon-Feugerolles, dans la Loire. Vous y trouverez la production de cette entreprise pour les maçons, carriers…

 

 

     

 

 

     

 

 

     

 

 

 

FIN

 

 

A.R.C.O.M.A.  NOS OUTILS ANCIENS DE MEULIER ET DE RHABILLEUR DE MEULE