SANTÉ ET HYGIÈNE

 

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APOTHICAIRE       PHARMACIEN

 

CLYSTÈRES

 

 

La trilogie "saignée, purge et clystère" résume les moyens essentiels dont disposaient les médecins pour traiter les maladies, quelles qu'elles soient et ce jusqu'au XVIIIe siècle. Nul n'échappait à ces traitements, enfants, femmes, vieillards, manant ou roi.

Avant de voir quelques instruments, il est intéressant de voir de quoi étaient composées ces liqueurs et de quelle façon elles étaient injectées dans le "siège ou le fondement". Et qui est plus à même de nous l'expliquer que le plus grand médecin du XVIe siècle, Ambroise Paré. Nous avons conservé l'orthographe originelle. Donc n'hésitez pas à changer un "v" en "u", un "i" en "j", un "&" en "et", un "z" en "s"… Au bout de quelques lignes, on s'y fait très bien !

 

"Clystère, c'est-à-dire ablution ou lavement, est une injection appropriée au siège & aux intestins en première intention : car autrement sont aussi faicts & donnez des clystères tant pour le ventricule, ratte, reins, vessie, amarry, mésentères et autres parties voisines que mesme pour la teste, de laquelle souvent par clystère acre est faicte révulsion de la matière en bas comme il se pratique journellement, et non sans heureux succez, en l'apoplexie : de sorte qu'il n'y a aucune partie qui ne ressente quelque profit du clystère, mais les unes plus les autres moins. Il y a plusieurs espèces ou différences : car ou il est rémollitif, ou purgatif, ou anodyn, ou astringent ou détersif, ou farcotif, ou epulotique, ou nutritif. Toutes lesquelles différences sont composées & faites de plantes, des parties de bestes, ou des médicaments composez, tant résolutifs qu'autre selon les intentions du composant. Les parties des plantes sont racines semences, feuilles, fleurs, fruits, gommes, ius, mucilages. Les parties des bestes sont iaunes & aubins d'œufs, miel, poulet chappon, viel coq vené et préparé, la teste & pieds de mouton, laict clair, tripes, suif de bouc, exsungue : toutes lesquelles parties tant de bestes que de plantes, on fait cuire et bouillir, & en la décoction l'on mesle et destrempe les médicaments laxatifs & autres tant simples que composez. Quelquesfois, sans mixtion de médicaments composez sont faits clystères seulement d'huyle, comme d'huyle de noix pour la colique de laict clair, de décoction de pieds, de teste & tripes de mouton, potage de pois chiches et d'orge.

La quantité du clystère est aucunesfois grande, autresfois plus petites, selon les températures & complexions, & selon les intentions. Aucuns peuvent endurer grande quantité, les autres moindre, aux enfans débiles, femmes grosses conuient moindre quantité. Aussi où le ventre est fort serré et dur, en une colique, dysenterie, lienterie, & autres infections du ventre inférieur, faut que la quantité du clystère soit plus petite. Au contraire, où l'on voit seulement esmounoir le ventre, faut plus grande quantité : toutesfois la quantité de la décoction communément est d'une liure & demie, d'une liure ou tout au moins de trois quarterons : mais le plus souvent nous laissons la quantité au iugement de l'Apothicaire disant seulement quant. suff.

Il faut que le clystère soit tiède, plus ou moins, selon que les patients le peuvent endurer, de peur que s'il estoie froid, il n'offensait les intestins & autres parties voisines, qui sont nerveuses et froides de leur naturel: & davantage faut en faire l'iniection peu à peu & doucement, de peur que poussé d'impétuosité, & tout à coup, il ne chasse les flatuositez (qui ordinairement sont contenuës en la capacité des intestins) en haut, & par ce moyen n'excite des trenchées intolerables. Pour donner le tout à entendre, faut à présent venir à décrire les exemples de chacune difference des clystères.

Maluae, violarum, bismaluae, brancae vrfinae an. m. j. radicis altheae & liliorum alborum an., passularum & ficuum pinguium an., fiat decoctio adlb.j.in qua dissolue cassiae, butyri recentis an., j. violati, fiat clyster [clystère remollitif].

Les clystères laxatifs sont faits de quatre sortes de medicamens, de la decoction de medicamens laxatifs, huyles & miel, ou autre qui ait vertu d'irriter. La decoction est quelquesfois propre à tirer les humeurs que l'on veut purger, comme pour tirer les humeurs froids & visqueux, elle se fera ainsi.

Saluiae, origani, abrotoni, camomille & meliloti an. m. seminum anisi, fœniculi, cumini an., seminis carthami, fiat decoctio, in qua dissolue diaphœnici & hierae simplicis ana. olei anethi & chamœm, ana. mellis anthosati & sacchari rubri ana. fiat clyster.

Vini albi gener. j. bul. ad consumpt mediata in qua in diff sachar.rubri iterum parum adendo vitell ouor num. & fiat clyster.

Pour tirer & purger l'humeur melancholique, l'on fera tel clystere

Fumiterrae, centaurij minoris, mercurialis ana. m. J. polypodij quercini, folliculorum senae ana seminis agni casti, thymi, epithymi ana fiat decoctio in qua dissolue confectionis hamech cassiœ recens extractœ olei violati & liliorum ana sacchari rubri & mellis violati ana falis communis.

Tels clysteres ne seruent qu'à seulement à euacuer les humeurs susdites, mais aussi souuent contrarient aux températures, comme le premier et le dernier alterent les intemperies froides : le second conuient aux intempératures chaudes.

Les medicamens laxatifs qui sont mis aux clysteres sont doux, ou forts. Les forts comme confection hamech, benedicta, diaprunis solutiuum, diafœnicum sont meslez à par soy iusques à [ ] tout au plus selon la nature du patient facile ou difficile à esmouuoir. Les debiles et benins, comme cathilicon, cassia, hiera simplex… selon les indications. Et tels medicamens l'on dissout le plus souuent en decoction commene de clystere qui est faite de quelques remollitifs auec fleurs de camomille et semence d'anis.

Le clysrere anodyn est fait sans medicamens laxatifs des medicamens anodyns descris en cette manière.

Florum chamaemeli, meliloti, anethi ana radicis bismaluae fiat decoct. in lacte colaturae ado cilaginis seminis lini & fœugranaeci extractae in aqua maluae sacchari albi oli camomillae & anethi ana vitellos duos ouorum fiat clyster.

Tels clysteres faut garder longtemps, afin qu'ils puissent mieux apaiser les douleurs.

Vn clystere astringent est fait de choses astringentes en la façon que s'ensuit.

Caudae equinae, plantigis, polygoni ana : fiat decoctio in lacte vstulato ad quart. iv. collaturae adde boli armeni & sangui. draconis ana olei rosati albumina duorum ouorum, fiat clyster.

De tels clysteres nous vsons en vne dysenterie, apres que les grosses matieres sont euacuees et nettoyées ou en flux excessif des hemorrhoiees. Les clysteres sarcotiques, epulotiques detersifs sont faits de medicamens decrits en leurs propres chapitres pour servir aux vlceres des gros intestins. Les clystères nutritifs sont faits de la decoction de poulets, chappons, vieils cols cuits iusqu'à pourriture et forte expression d'iceux, moüelles, gelée & autre telle viande plus cuitte que si on la vouloit prendre par la bouche, à raison que les intestins ont la vertu coctrice plus foible que le ventricule.

On fait quelquesfois lesdits clysteres de vin & decoction d'orge, quand il n'y a point de fievre ny douleur de teste : souuentesfois de laict & de iaunes d'œufs on y adiouste petite quantité de succre blanc, de peur qu'il n'irrite les intestins à excretion par la vertu detersiue qui lui est naturelle: ou rosat (car tel est aucunement astringent) comme apert par les exemples.

Decoctionis capi perfectae, sacchari albi, misce, iniiciatur cum syringa.

Decocti pulli & gelatinae an, vini optimi, iniiciatur.

Decocti hordei mundati & in cremorem redacti, lactis boni, vitellos ouorum duos, fiat clyster.

Nous vsons de tels clysteres pour nourrir enfans et gens debiles, comme en vu grand deuoyement d'estomach, quand il ne retient la viande qu'il prend : toutesfois en l'vsage de tels clysteres faut auoir esgard à trois choses :La premiere est qu'il faut auant que prendre tels clysteres, asseller le patient soit par art avec un suppositoire ou clystere, soit du propre mouuement de nature, de peur que tels clyteres nourrissants estant meslez avec les excrements, ne soient gastez & corrompus : La seconde est qu'il soit donné en grande quantité, afin qu'il soit porté par tous les intestins : La troisieme est, s'il est possible, qu'on dorme apres tels clysteres, tant afin que le malade fasse mieux son profit & concoction de tels clysteres, qu'aussi qu'il les retienne mieux : d'autant que le dormir arreste toutes les euacuations. Pour laquelle mesme raison les Medecins defendent de mesler en tels clysteres, sel, ou huyle, parce que les deux premiers en detergeant irritent l'excretrice : & la dernière en lubrifiant. Aucuns veulent affirmer que nul clystere peut estre nutritif, à raison que ce qui doit nourrir doitauoir receu trois coctions : dont la première est au ventricule, la seconde au foye, la tierce en chascune partie de notre corps. Mais telle opinion peut estre réprouuée tant par raison que par experience. Par raison, puis que les parties de notre corps ont vn sentiment naturel de la chose qui defaut, & que la nutrition est repletion de ce qui a esté inany & vacué, telles parties estant débilitées par trop grande inanition faite és maladies, attirent premierement tout ce qui est conuenable à leur nature : ou au defaut de tel aliment le premier qui s'offrira. Or clysteres nutritifs ne sont faits que d'alimens doux, amiables & familiers à Nature grandement ja preparez à concoction : & pourtant telles choses estants és intestins, seront attirées des veines & artères Mesaraïques (qui ont quelque faculté de sanguifier, ainsi que dit Galien au liure De vsu partium) des veines Mesaraïque sont distribuées à la veine Porte, & au foye : & du foye à toutes les parties du corps, lesquelles aux grandes maladies, quand le patient ne peut prendre aliment par la bouche, demandent à estre remplies de ce qui leur est plus propre que quelque autre partie commode.

Par experience aussi nous voyons, que gens malades estans long temps sans manger par vsage de tels clysteres nutritifs ont estez aucunement soulagez & substantz, à raison que les parties affamées attirent promptement ce qui leur est familier, le succant des veines, lesquelles estans vuidées attirent du foye & des veines mesaraïques.

Qu'est-il besoin d'exemples plus clairs, veu qu'aucuns (comme on a veu) ont reietté les clystères par la bouche, voire les suppositoires ? Ce qui montre bien que l'attraction n'est pas seulement faite des veines mesaraïques, mais aussi du ventricule, & des autres parties.

Telles trop curieuses disputes ie laisseray à présent, pour declarer le temps de prendre clysteres et l'vsage.

L'on a accoustumé de prendre clysteres à toutes heures deuant et apres disner, moyennant que ce soit loin du repas, de peur que ne soit faite attraction par le clystere de la viande estant encores à cuire en l'estomach. Parquoy on les peut prendre à 6.7.8.9. heures du matin auant disner, ou 4.5.6. apres.

L'vsage des clysteres est assez manifeste par la connoissance de la matiere qui entre en iceux : joinct que tous ont vn commun vsage, qui est d'aider l'expulsion des superfluitez contenuës és intestins : & successiuement des autres parties. D'auantage quand l'âge ou la vertu du malade (comme aduient aux enfans & gens debiles & malades) n'est suffisante à porter medecine, lors sommes contraincts d'vser de clysteres à cause qu'ils ne debilitent point tant les forces que les medecines. Pour cette cause, aucuns ont coustume de prendre clysteres de deux iours l'vn, encores qu'ils soient sains, quand nature est paresseuse à ietter les excremens. A gens malades ils sont ordonnez plus souuent pour tousiours tenir le ventre lasche. L'vsage desdits clysteres a esté inuenté des Cicoignes, lesquelles de leur propre mouuement naturel iettent de l'eau de la mer (qui pour la salsitude a vertu d'irriter & d'euacuer) en leur siege pour s'asseller, ainsi que recite Galien en son introductoire de Medecine. La maniere de prendre clystere est telle : lors que le patient le reçoit, qu'il ayt la bouche ouuerte, à cause que tous les muscles qui aydent à l'expulsion sont laschez, qu'il n'ait rien qui luy comprime le ventre, & qu'il soit situé en figure courbe pour le receuoir plus à l'aise estant couché sur costé droict. Car par telle situation le clystere receu penetrant iuques au haut des intestins quasi comme d'vn rauage, laue plus facilement tout le ventre : où au contraire le patient estant situé sur le costé gauche, il aduient que le clystere est contraint de demeurer au Rectum, ou au Colon : pource qu'iceux par telle assiette sont pressez de la masse & pesanteur des autres intestins superieurs. Apres qu'il a receu, il doit demeurer quelque temps sur son dos, puis se tourner de costé & d'autre, ou sur la douleur, s'il luy est possible.

Or il se trouue certaines femmes, qui pour nulles choses ne voudroient prendre vn clystere de la main d'vn homme pour une vergongne & honte qu'elles ont de se montrer: à cette cause i'ay fait pourtraire cet instrument, duquel elles se pourront ayder à receuoir un clystere, le mettant par deuant (ayant un peu les fesses leuées) la cannule dans le siege, puis versera la liqueur dedans la boëte."

 

En bon médecin, comme le veut la Faculté, Ambroise Paré rédige ses prescriptions en latin. Par chance, ses explications sont en français. Il attribue l'origine du clystère à la "Cicoigne" (Cigogne). D'autres la font remonter à l'ibis égyptien dont le bec courbe semble plus propice à cet exercice.

La purge précédait souvent le clystère comme le montre cette ordonnance rédigée un siècle plus tard : "Une once de catholicon double et une once de sirop de pommes composé dans une décoction de chicorée sauvage, et le lendemain de la médecine (purge), il faut prendre un remède (lavement) composé d'une poignée d'orge que l'on fera bouillir dans trois chopines d'eau réduites à la moitié, dans laquelle moitié l'on mettra une poignée de son de froment, et quand la décoction sera faite, l'on y dissoudra un jaune d'œuf."

Dans cette recette, les mots "clystère" et "lavement" n'apparaissent pas. La raison vient de Madame de Maintenon qui refusait ces termes trop évocateurs et préférait, donc, le mot "remède" pour le clystère, le mot "médecine" pour la purge. Il n'empêche que les médecins, pour montrer leur savoir en langues latine et grecque, continueront à prescrire des clystères (du grec khluster, seringue).

Revenons à ces clystères que les apothicaires préparaient et administraient. Les médecins considéraient que cette injection était un geste purement manuel, donc indigne de leur savoir. Jusqu'au XVe siècle, la "seringue" est constituée d'une vessie et d'une branche creuse de roseau. Les seringues en étain apparaissent au XVIe siècle. Ambroise Paré modifie la forme de la canule pour que les patients puissent se faire eux-mêmes l'injection. Au XVIIe siècle, un embout de forme tronconique, à stries concentriques, sur lequel vient se fixer un tuyau souple terminé par une canule d'ivoire ou de buis permet, là encore, de se traiter soi-même.

Le XVIIe siècle est celui du Roi Soleil. C'est aussi celui du clystère.

La seringue comprend une poignée en bois ou étain, prolongée par le piston réalisé dans le même matériau. Celui-ci est terminé par un joint en étain entouré de filasse. Ce piston court dans le corps de la seringue qui est terminé par la canule. La taille de la seringue dépend de la personne à laquelle va être injectée le clystère : enfant, femme, homme… La poignée est parfois creuse : on y met le médicament pulvérulent qui est rajouté à la décoction.

 

 

     

A gauche : poignée à réserve, piston en étain ; à droite, poignée et piston en bois ; joint étain + filasse

 

 

Nous présentons les clystères suivant leur taille, du plus petit au plus grand.

 

   
 

                       Clystère tout étain, poignée en anneau
                       Loire
                       L 22,5   corps L 12,5   diam. 3,4   canule 3,4

 

 

 

 

   
 

                     Clystère à poignée en bois tourné
                     Loire
                     L 26   corps L 12,5   diam. 2,9   canule 5,5

 

 

 

 

   
 

                         Clystère à poignée en buis
                         Loire
                         L 26,5   corps L 13   diam. 3   canule 5

 

 

 

 

   
                                              Clystère tout étain, poignée en anneau 
                                             Loire                 7
                                             L 27   corps L 14   diam. 3,2   canule 6

 

 

 

   
 

                     Clystère à poignée en bois tourné
                     Loire
                     L 30   corps L 15,5   diam. 3,8   canule 5,5

 

 

 

 

   
 

                           Clystère tout étain, avec réservoir dans la poignée          
                           Loire              
                           L 35   corps L 19,5   diam. 5   canule 5

 

 

 

 

   
 

                           Clystère tout étain, avec réservoir dans la poignée          
                           Loire              
                           L 43   corps L 23   diam. 6   canule en olive 10

 

 

 

 

   
 

                     Clystère à poignée en bois tourné
                     Loire
                     L 43   corps L 23,5   diam. 6   canule 6

 

 

 

Pour terminer cette présentation de clystères, voici deux modèles qui se distinguent par leur canule.

                            

   
 

                     Clystère à poignée en bois tourné
                     Loire
                     L 53   corps L 19   diam. 4,8   canule 17

 

 

Le corps du clystère est relativement petit. Par contre, la longueur de la canule est impressionnante. A qui cet instrument était-il destiné ? Avait-il une fonction particulière ?

 

 

   

 

 

 
 

                                 Clystère à poignée en bois tourné
                                 Loire
                                 L 32   corps L 17,5   diam. 4   embout 4

 

 

L'embout tronconique permet de fixer un tuyau souple terminé par une canule : le patient peut se faire lui-même son clystère.

 

Cela nous amène à une autre série de clystères désignés par le nom "soi-même", et pour cause. Nous avons vu qu'Ambroise Paré avait conçu un tel instrument pour "certaines femmes, qui pour nulles choses ne voudroient prendre vn clystere de la main d'vn homme pour une vergongne & honte qu'elles ont de se montrer".

En réalité, femme ou homme ne devait pas avoir grand plaisir à montrer ainsi leur "fondement" et les deux sexes pouvaient utiliser cet instrument sans se montrer dénudés, dans une position particulière. En fin de ce chapitre, nous verrons que le remède pouvait, aussi, se donner en famille…

 

 

 

 

 

 

   
 

                                   Soi-même à poignée en bois tourné
                                   Loire
                                   L 30   corps L 17   diam. 5   conduit 23,5   canule 6

 

 

 

 

 

 

 

 


   
 

                                   Soi-même à poignée en buis tourné
                                   Loire
                                   L 32   corps L 21,5   diam. 6   conduit 24   canule 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   
 

                                   Soi-même à poignée en bois tourné
                                   Loire             SCATTA JEUNE
                                                                 A   
                                                         CHALON
s/s
                                   L 34   corps L 19   diam. 5   conduit 29,5   canule 7

 

Le "Tardy" nous indique que Scatta jeune était maître potier d'étain à Châlon-sur-Saône en 1865.

 

 

 

 

 

 

 


   
                                         Soi-même à poignée en buis tourné
                                       Loire                     PICCO . A
                                                                     ROMAN

                                       L 34   corps L 23   diam. 6   conduit 24   canule 5

 

Le "Tardy" ne fait aucune mention de ce maître potier de Roman.

 

 

   

                  A.FESCH
             FERBLANTIER
                 LAMPISTE
                    A VAISE
                      LYON  

 

 

 

 

 

 

 

 



   
                                Clystère et soi-même
                              Loire
                              L 37   corps L 22   diam. 5,5   conduit 24   canule 6 & 6,5

 

 

Le "Tardy" ne fait pas plus mention de V. Zanone. A noter une petite curiosité non expliquée sur le coffret : le petit trou latéral est indispensable pour rentrer la seringue !?

 

Pour terminer, voici un soi-même très particulier, rencontré rarement, et dit "de voyage". Au début, ce n'est qu'un coffret, en noyer tout de même, avec des renforts en laiton et une fermeture à clef. Le couvercle est troué et comporte à l'opposé de la serrure une petite trappe.

 

 

   
 

                                               Coffret en noyer
                                               Isère
                                               47 x 23 x 11

 

 

 

L'ouverture du coffret dévoile le contenu : un bassin en zinc (ou en tôle ?), un clystère soi-même dont le conduit est entouré d'une filasse enduite de goudron (?) et, enfin, quatre pieds.

 

 

   
 

                                 Soi-même dans son coffret
                                 L 35   corps L 24   diam. 6   conduit 29   canule 9
                                 Pieds h 32

 

 

 

Le montage des pieds demande quelques secondes :

 

   

 

                                                  

Il ne reste plus qu'à réunir le soi-même et le couvercle …

 

 

     

 

 

Le corps de la seringue passe par la trappe tandis que la canule apparaît dans le petit trou pratiqué dans le couvercle et situé au centre d'une petite sellette en cuir. Tout le confort !

Muni d'un tel instrument, c'est dans la joie et en famille, devant servante et serviteur qu'on s'administre son "remède".

 

 

   
 

                         Estampe 1816   "Duo de seringues à bâton mécanique entre deux époux du Marais" Bibl. Nat. Paris

                      Wellcome Library, London Couple using the very popular mechanical pump enemas of the 18th century;

                                                                      G. de Cari, for Martinet of Paris.

 

 

 

Ce type de clystère a sans doute existé durant toute la première moitié du XIXe siècle. Napoléon Ier , grand voyageur, en possédait un. La seule différence avec le nôtre est qu'il était en vermeil, dans un coffret en acajou.

Ce coffret soi-même est, comme nous l'avons déjà dit, assez rare. Nous n'en avons vus que deux complets, chez des antiquaires, dans la Loire et l'Isère. L'antiquaire de la Loire pensait que le sien avait été fabriqué par un ébéniste de renom, Pierre Hache (1705 – 1776), troisième génération d'une dynastie d'ébéniste de Grenoble. Las d'être copié, il décida de ne plus signer ses œuvres. Isère, Grenoble, cela nous laisse penser que le nôtre, trouvé en Isère, a été fabriqué par ce même artiste. Bien sûr, cela reste à prouver. Seul un expert pourrait le confirmer. La qualité du travail est, toutefois, indéniable. Alors…

 

Pour la rédaction de cet article, nous avons utilisé Les œuvres d'Ambroise Paré, 12ème édition, de 1664 et le livre déjà cité de François Millepierres, La vie quotidienne des Médecins au temps de Molière.

 

Dans le chapitre suivant, nous aborderons les instruments de l'apothicaire chimiste et biologiste.

 

 

                                                                                                                                                              A suivre…

 

 

A.R.C.O.M.A.  NOS INSTRUMENTS ANCIENS POUR LA SANTE ET L'HYGIENE 

APOTHICAIRERIE : LES CLYSTÈRES